Inquiétude sur le niveau des fonds européens attribués à la Guyane
Le vice-président de la CTG, Thibault Lechat-Véga, a lancé l'alerte sur la sécheresse qui sévit à l'intérieur du territoire guyanais.
Le point commun entre la Guyane, la Guadeloupe, Saint-Martin, la Martinique, La Réunion, Mayotte, les Canaries ou encore les Açores et Madère ? Aux yeux de l'Union européenne, ce sont des « régions ultra-périphériques » (RUP).
Pour cette mandature qui commence – les élections européennes de juin dernier ont abouti à l'installation d'un nouveau Parlement et à un renouvellement complet des autorités de l'UE – le député européen et vice-président du Parlement Younouss Omarjee a souhaité réunir à Strasbourg les exécutifs locaux de tous ces territoires. Au nom de la Guyane, le vice-président de la CTG en charge de l'Europe, Thibault Lechat-Véga, a répondu à cet appel.
Tout en se disant très inquiet du niveau des fonds qui seront attribués à la Guyane dans les prochaines années, « en cette période de réduction des déficits, d'austérité budgétaire », l'élu guyanais a rappelé que « l'on ne peut pas faire de politique efficiente sans capillarité, sans prendre en compte le contexte si particulier de la Guyane, du milieu amazonien, sans faire confiance à nos territoires régionaux. »
Thibault Lechat-Véga a profité de la tribune qui lui était offerte, face aux députés européens mais aussi en présence de Roberta Metsola, présidente du Parlement, d'Antonio Costa, président du Conseil européen, et de Raffaele Fitto, vice-président exécutif de la Commission européenne, pour lancer l'alerte sur les conséquences de la sécheresse qui sévit dans le sud de la Guyane.
« Le quart sud de la Guyane ne peut pas vivre sans eau, d'abord parce que personne ne le peut, mais aussi parce que cette région n'est accessible que par les fleuves. Il n'y a pas de route, il n'y a pas d'avion et, du coup, 40 000 citoyens européens dépendent aujourd'hui des fleuves pour acheminer eau et nourriture. Pourquoi ? Parce que la Guyane est le seul territoire de l'Union européenne où il y a des populations autochtones, des populations amérindiennes. C'est un exemple de cas de figure où il est absolument impossible de se passer d'une adaptation des politiques aux réalités locales. »
Co-organisatrice du symposium des RUP au Parlement européen, la présidente du conseil régional de La Réunion, Huguette Bello, a, elle, insisté sur les possibilités d'amélioration du système. L'élue a ainsi rappelé « la nécessité d’inclure les RUP dans le futur Pacte européen des océans pour valoriser leur rôle dans la dimension maritime de l’UE ». Les RUP, dans leur ensemble, qu'elles soient françaises, espagnoles ou portugaises, représentent plus de 80 % de l'espace maritime de l'UE.
Le prochain forum rassemblant les RUP se tiendra justement à La Réunion, en avril prochain.

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