À l'occasion de la Journée Brésil-Guyane-Suriname, qui s'est déroulée lundi dernier à Cayenne, la question des visas a été évoquée avec vos homologues du Suriname et de l'Amapá. Faut-il, selon vous, les supprimer ?
La majorité de la communauté économique de la Guyane est favorable à la suppression complète des visas. Ces derniers représentent un frein au développement économique et à l'intégration régionale. Je pense au secteur touristique, aux commerces. Nous avons conscience qu'une partie importante de la population guyanaise souhaite le maintien des visas. Nous avons un travail à faire ensemble pour la rassurer. La fin des visas ne signifie pas qu'on va être envahis. En quoi la suppression des visas serait-elle bénéfique pour l'économie guyanaise ?
Cela permettrait de faire venir des entrepreneurs et des investisseurs de nos pays voisins. Je ne crois pas en une vision protectionniste et fermée de l'économie. Nos voisins n'attendent pas d'argent de la France ou de la Guyane. Nous avons plus à attendre d'eux, qu'eux de nous. Je pense au tourisme, pour lequel le visa constitue un frein. De manière générale, je ne pense pas que le développement de la Guyane dans les secteurs comme la mine, la forêt, la pêche puisse se faire sans travailler avec nos voisins. Lors de la Journée Brésil-Guyane-Suriname, vos homologues brésiliens ont-ils interpellé le préfet à ce sujet ?
Le préfet nous a indiqué qu'il allait saisir le ministère des Affaires étrangères et le ministère de l'Intérieur pour demander la suppression, pour les Brésiliens, des visas exigés à l'aéroport de Cayenne-Félix-Éboué. Pour la frontière au niveau du pont, le préfet souhaite dans un premier temps expérimenter la carte transfrontalière, qui devrait être mise en place au 1er janvier 2015. Vous avez également évoqué le sujet du pont sur l'Oyapock avec nos voisins brésiliens. Savez-vous si celui-ci va enfin ouvrir ?
Nous sommes invités à l'investiture du nouveau gouverneur de l'Amapá le 15 janvier prochain. Nous allons l'interpeller afin qu'il fasse remonter à la présidence du Brésil la nécessité de réunir toutes les conditions pour ouvrir le pont dans les meilleurs délais. D'après les informations que l'on nous a données, le pont pourrait ouvrir à la circulation début janvier, mais uniquement pour les piétons et éventuellement pour les véhicules particuliers. Mais il ne sera pas ouvert aux transports commerciaux. D'après les Brésiliens, il n'y aurait pas assez de fonctionnaires candidats pour occuper les installations comme la douane, la police, etc. Il faut désormais que le gouvernement fédéral prenne une décision.
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