Dans les pas d'Antoine Karam
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Dans les pas d'Antoine Karam

T. F.
Sylvie Fati, 6e adjointe au maire d'Apatou, sera suppléante d'Antoine Karam pour les sénatoriales (TF)
Sylvie Fati, 6e adjointe au maire d'Apatou, sera suppléante d'Antoine Karam pour les sénatoriales (TF)

À peine entrée en politique en qualité d'adjointe au maire d'Apatou, Sylvie Fati a été sollicitée afin d'assumer le rôle de suppléante d'Antoine Karam, qui brigue un siège de sénateur. Une mission que l'enseignante de 27 ans appréhende avec sérieux. Non sans une pointe de curiosité pour la chose politique.

Lorsqu'elle s'est engagée aux côtés de Paul Dolianki à Apatou, Sylvie Fati n'imaginait pas que ce premier pas la propulserait aussi vite, aussi loin. Institutrice à l'école Lambert-Amayota, 6e adjointe au maire d'Apatou qui lui a confié la délégation à l'Éducation et aux affaires scolaires, la jeune femme de 27 ans a pourtant été rapidement sollicitée pour assumer un rôle non-négligeable : celui de suppléante d'Antoine Karam, ancien président de Région en quête d'un siège de sénateur. « J'avoue que j'ai beaucoup hésité, sourit l'enseignante. Mais pourquoi pas, puisqu'il s'il s'agit de défendre les intérêts de la Guyane. Et puis, c'est au Sénat que tout se passe. »
Pour l'heure, Sylvie Fati affirme ne « pas avoir peur » de la charge de travail supplémentaire qui l'attend. « Ce sont des responsabilités qui s'ajoutent à celles de mon travail d'enseignante, explique-t-elle. Mais je suis quelqu'un de très organisé. » La militante du Parti socialiste guyanais entend surtout ne pas être la suppléante « qui tombe aux oubliettes » après la campagne. Sylvie Fati a grandi entre Maripasoula et Apatou, au milieu de ses deux soeurs et de ses trois frères.
« VOIX DU FLEUVE »
Après avoir poursuivi ses études dans l'Hexagone, elle décide de revenir sur ses terres. Pour enseigner - son voeu au sortir de l'école était d'être nommée à Apatou - mais aussi et surtout pour aider les plus jeunes à surmonter les difficultés inhérentes à la vie et à l'enseignement sur le fleuve. « J'en ai connu aussi et, si on n'est pas motivé il est difficile de réussir, affirme l'élue. À Apatou, il y a beaucoup de non lecteurs parmi les enfants. En tant que bushinengue, je parle leur langue, je peux les comprendre et les aider. » Quant à son expérience en politique, elle l'envisage comme un atout supplémentaire. Qui pourrait bien attiser ses ambitions.
Sylvie Fati, future maire et « voix du fleuve » dans les prochaines années ? « J'ai toujours eu un regard sur la politique, assure la titulaire d'un master 2 en Éducation et socialisation des jeunes enfants. En grandissant, on se rend compte des problématiques et que, pour les combattre, il faut être à l'intérieur. Je n'imaginais pas être sollicitée si tôt et je ne projette pas en tant que candidate. Mais l'Ouest doit porter sa voix en politique et pour ça, la jeunesse a son mot à dire. » La « vieille garde » va devoir s'y faire, la nouvelle génération est en approche.

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