Trafic de drogue : la France ouvre un front anti-criminalité en Amérique latine
Depuis la Colombie, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a annoncé la création d'une académie de lutte contre le crime organisé. Une réponse à "l'explosion" du narcotrafic qui déferle sur l'Europe, et un signal fort envoyé aux cartels, dont le puissant Clan del Golfo.
"Résolus à faire échec aux trafics en tous genres". C'est par ces mots sans équivoque que Jean-Noël Barrot a résumé la position française, samedi 8 novembre, depuis le port de Puerto Antioquia en Colombie. Une région sous l'emprise du redoutable cartel Clan del Golfo, où le ministre a choisi de délivrer son message. Face à la montée en puissance des réseaux criminels, la France entend passer à l'offensive, avec des implications tant sanitaires que sécuritaires pour les citoyens européens.
Parmi les mesures phares annoncées : la création d'une académie régionale de lutte contre la criminalité organisée, qui sera basée en République dominicaine. Cette structure formera chaque année des enquêteurs, douaniers et spécialistes de la lutte anti-drogue, avec un programme qui débutera dès l'année prochaine. Une coopération renforcée avec la Colombie, "premier producteur de cocaïne" selon le ministre, est prévue pour optimiser l'efficacité de ce dispositif.
Le renforcement de la coopération judiciaire figure également au menu des actions prioritaires. Une convention d'extradition entre Paris et Bogota, visant spécifiquement les "narcocriminels des deux côtés", est en cours de finalisation. Elle devra être approuvée par les Parlements des deux pays pour entrer en vigueur. Par ailleurs, M. Barrot a exprimé sa "préoccupation" concernant les opérations militaires américaines dans la région, dénonçant des méthodes qui "se sont affranchies des règles du droit international".
Ces annonces interviennent en marge du quatrième sommet Union européenne - Communauté des États d'Amérique latine et des Caraïbes (Celac), qui se tient à Santa Marta. Un contexte géopolitique marqué par la recrudescence des violences liées au narcotrafic et les tensions régionales. La visite du ministre français dans le golfe d'Uraba, où un immense port financé par des investisseurs français est sur le point d'être inauguré, souligne également les enjeux économiques liés à cette zone stratégique.
Face à la globalisation des trafics avec désormais l'implantation de laboratoires en Europe et à la mobilité accrue des narcotrafiquants, la réponse française se veut à la hauteur des défis. "Tout ça doit cesser", a lancé Jean-Noël Barrot, résumant une détermination qui devra maintenant se concrétiser sur le terrain.

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