Rodrigue Petitot restera en détention jusqu'au 21 janvier 2025
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Rodrigue Petitot restera en détention jusqu'au 21 janvier 2025

Elisa Ludovicus e.ludovicus@agmedias.fr
Comme l'a  recommandé le ministère public, le « R » restera  en détention jusqu'au  21 janvier 2025.
Comme l'a recommandé le ministère public, le « R » restera en détention jusqu'au 21 janvier 2025. • ELISA LUDOVICUS

Vendredi (13 décembre), au terme de plusieurs heures d'audience, la demande de remise en liberté de Rodrigue Petitot a été rejetée par le tribunal correctionnel de Fort-de-France. Le leader du RPPRAC devrait rester en détention jusqu'à sa prochaine comparution le 21 janvier 2025. Ses avocats, eux, n'entendent pas baisser les bras.

Vendredi, en début d'après-midi, la demande de remise en liberté formulée par Rodrigue Petitot et ses avocats était examinée par le tribunal correctionnel de Fort-de-France. À 14 h, alors que l'audience est sur le point de débuter, le calme règne dans la salle où les proches du prévenu ont tenu à être présents. 

Le leader du RPPRAC, représenté par maîtres Bellemare, Germany et Arneton, arbore un air grave. Appelé à la barre, il renouvelle son souhait de passer cette période de fin d'année avec ses proches plutôt qu'au centre pénitentiaire de Ducos. Prêt à répondre de ses obligations judiciaires, notamment par une détention à domicile, il déclare : « Je trouve la décision de m'incarcérer disproportionnée. Je ne pense pas être un danger pour la population martiniquaise. »

« Il pourrait facilement quitter le territoire »

Alors que Rodrigue Petitot répète que sa démarche n'a jamais été violente, le ministère public considère de son côté que sa détention doit être maintenue jusqu'à sa prochaine comparution. Dans sa plaidoirie, la procureure a notamment évoqué des risques de réitération, de pression sur les témoins ainsi que les membres de leur famille, et un éventuel risque que le prévenu quitte le département. « S'il ne reste pas en détention, il pourrait facilement quitter le territoire », a-t-elle affirmé, non sans rappeler qu'il encourait une peine de 10 ans multipliée par deux pour récidive.

« En cassant la parole vous allez faire naître la colère »

Les avocats du président du RPPRAC ont vu dans la démarche du Parquet une tentative de faire taire leur client. Me Bellemare a d'ailleurs tenu à rappeler : « Ce qui fait la force d'une démocratie est la liberté d'expression. » Il ajoutera plus tard dans son plaidoyer : « En cassant la parole, vous allez faire naître la colère ». 

Me Germany, lui, évoquait un sentiment d'injustice et soulignait une mobilisation disproportionnée des forces de l'ordre dans le cadre de cette affaire. « Aujourd'hui, c'est sa détention qui trouble l'ordre public », a-t-il assuré. 

De son côté, Me Arneton a plaidé la liberté d'expression et mis en avant l'intérêt général concernant les propos reprochés à Rodrigue Petitot.

Une détention maintenue jusqu'au 21 janvier 2025

Malgré les nombreux arguments de la défense, après moins d'une heure de délibération, le juge a choisi de suivre les recommandations du ministère public en rejetant la demande de remise en liberté du « R ». Ce dernier restera donc en détention au centre pénitentiaire de Ducos jusqu'à sa prochaine comparution. Une décision qui a déçu le principal intéressé, ainsi que ses proches et ses avocats. « Nous sommes forcément déçus par la décision, nous n'avons pas été suivis, mais on va continuer à se battre », a assuré Me Bellemare.

Et ils n'étaient pas les seuls à être insatisfaits.

Depuis la salle d'audience, on pouvait entendre résonner les conques de lambi et le grondement des manifestants venus apporter leur soutien à Rodrigue Petitot.

En fin d'après-midi, lorsque le verdict tombe, la foule n'a pas manqué de faire entendre son mécontentement à l'extérieur du tribunal. 

Vendredi 13 décembre, la demande de remise en liberté de Rodrigue Petitot était examinée par le tribunal correctionnel.
Vendredi 13 décembre, la demande de remise en liberté de Rodrigue Petitot était examinée par le tribunal correctionnel. • Elisa Ludovicus
Une marée rouge est venue soutenir Rodrigue Petitot devant le tribunal.
Une marée rouge est venue soutenir Rodrigue Petitot devant le tribunal. • Elisa Ludovicus
Les trois avocats de Rodrigue Petitot ont notamment appuyé leurs argumentaires sur le droit à la liberté d'expression.
Les trois avocats de Rodrigue Petitot ont notamment appuyé leurs argumentaires sur le droit à la liberté d'expression. • JME

Maître Georges Emmanuel Germany, avocat de Rodrigue Petitot

« Il y avait effectivement un risque de pression sur les témoins, mais ce risque venait du procureur de la République. C'est lui qui a fait pression sur les autres personnes qui sont ce soir-là rentrées à la villa préfectorale, en s'asseyant allègrement sur le jugement du tribunal qui comptait les interroger. Le procureur a bousculé le tribunal et pris sa place pour les interroger. Donc oui, avec ce dossier, on marche sur la tête parce qu'on viole tous les principes. Le procureur viole les principes et il ne se passe rien pour lui. M. Petitot qui, lui, clame son innocence, est en prison inutilement, sauf à lui reprocher un excès dans sa liberté d'expression. »

Maître Max Bellemare, avocat de Rodrigue Petitot

« Nous avons expliqué au tribunal que M. Rodrigue Petitot remplissait toutes les conditions pour pouvoir être libre jusqu'au 21 janvier date de son procès. C'est-à-dire qu'il n'y avait pas de risque qu'il échappe à la justice, il n'y avait pas de risque de réitération des faits, ni de risque que l'on fasse disparaître les preuves puisqu'il y a des videos qui montrent toutes les scènes. Ils ont estimé qu'il ne remplissait pas toutes les conditions pour être libéré, on prend note. Nous sommes forcément déçus par la décision, nous n'avons pas été suivis, mais on va continuer à se battre. » 

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