Forte émotion et rancœur s'expriment au procès de la sœur de Rony Cély, qui fut abattu par un gendarme en janvier 2024
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Tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre

Forte émotion et rancœur s'expriment au procès de la sœur de Rony Cély, qui fut abattu par un gendarme en janvier 2024

Par Richard GARNIER
Selon son avocate, Maître Gladys Démocrite, Yanise Cely (à gauche sur la photo), sœur de feu-Rony Cely (à droite), a clairement affirmé à l'audience qu'elle voulait rendre hommage à son frère, et qu'elle voulait faire éclater la vérité. 
Selon son avocate, Maître Gladys Démocrite, Yanise Cely (à gauche sur la photo), sœur de feu-Rony Cely (à droite), a clairement affirmé à l'audience qu'elle voulait rendre hommage à son frère, et qu'elle voulait faire éclater la vérité.  • RG

Alors que l'affaire de l'interpellation mortelle de son frère Rony Cély en janvier 2024 à Goyave sous les tirs d'un gendarme est toujours à l'instruction. Yanise Cély était jugée ce jeudi 15 mai 2025 pour avoir publié sur les réseaux les images de la caméra-piéton du gendarme, en transgression de la loi, puisqu'il s'agit d'une pièce du dossier d'instruction. Le jugement a été mis en délibéré. Les débats ont été perturbés par des incidents d'audiences de son comité de soutien.  

Le 9 janvier 2024, Rony Cely, âgé de 39 ans, était en pleine crise de schizophrénie. Après avoir agressé à l'arme blanche deux de ses voisins, il décédait de 9 balles tirées par un gendarme, venu le maîtriser. Les derniers impacts auraient été létaux. Un an après, les parties civiles dont la sœur du défunt visionnaient la vidéo de la caméra-piéton que portait le gendarme le jour du drame. Yanise Cély, ayant reconnu avoir diffusé ces images sur les réseaux sociaux, en transgression de la loi, était jugée ce jeudi matin devant le tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre pour "diffusion à un tiers de reproduction de pièce ou acte de procédure d'instruction".

Son avocate, Maître Gladys Démocrite a expliqué que sa cliente avait "assumé entièrement cette violation du secret de l'instruction" : Yanise Cély a tout d'abord refusé une comparution en reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) qui se déroule à huis-clos avec une peine négociée. Mais elle a réclamé une audience publique, pour bien expliquer pourquoi elle avait choisi de divulguer ces images. Elle a clairement dit à l'audience qu'elle voulait "rendre hommage à son frère, et qu'elle voulait faire éclater la vérité".

Le procureur Etienne Moreau, dans des réquisitions mesurées, avait opté initialement pour demander contre la prévenue une peine de 120 jours amende à 10 euros. Mais ayant pris conscience de la délicate situation de la prévenue au chômage, le ministère public demandait finalement une peine d'avertissement de trois mois d'emprisonnement avec sursis. Le tribunal a mis sa décision en délibéré au 5 juin prochain.  

Evacuation de la salle  

Un comité de soutien, s'étant constitué autour de la prévenue et de la famille de Rony Cély, s'est défavorablement signalé dans la salle d'audience correctionnelle lors des débats. Après trois incidents, à la suite de remarques à haute voix et à des insultes envers le tribunal, il a été procédé à l'évacuation de la salle. Cela n'a pas empêché les partisans de la prévenue de continuer à crier et à vociférer dans la salle des pas perdus. Preuve s'il en fallait une que cette affaire non encore tranchée par la justice a déjà forgé des convictions dans l'opinion publique guadeloupéenne.  

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