Disparition d'enfants placés sur le Lawa : les recherches se poursuivent
Deux enfants ont disparu au moment de leur arrivée devant la maison de la famille d’accueil à Maripasoula, où un placement avait été décidé en urgence
Du monde s'active sur le Lawa pour retrouver une fille et un garçon de 11 et 13 ans qui semblent avoir fugué.
Ils n'ont plus été vus depuis leur disparition, le soir du 12 décembre, devant le domicile de la famille d'accueil, à Maripasoula, où ils devaient être placés.
Plus tôt ce jour-là, le Parquet de Cayenne recevait un signalement provenant d'un médecin du dispensaire de Papaïchton, concernant les deux enfants. "Le signalement faisait état de sévices graves subis par les mineurs et constatés médicalement, mais aussi de privations alimentaires, menaces et négligences", explique la procureure, Aline Clérot, dans un communiqué. "Au vu des éléments de danger avérés et compte tenu de l'urgence, les mineurs faisaient l'objet d'une ordonnance de placement provisoire et étaient confiés immédiatement aux services de l'Aide sociale à l'enfance. Parallèlement, une enquête pénale était ouverte des chefs de violences habituelles sur mineurs de 15 ans."
La mère de famille apprend que ses enfants vont être placés alors qu'elle est sur le littoral.
Une famille d'accueil est désignée à Maripasoula et les enfants se font conduire sur place via la piste. Comme le remarque Christiane Taubira, ancienne garde des Sceaux, qui commente l'affaire, les enfants embarquent dans le taxi collectif "sous la responsabilité de... ? Personne !"
"La Justice aurait semblé considérer qu’ils sont tellement en danger dans leur propre famille, qu’il est moins dangereux de les fourrer dans un taxi collectif, pour que le chauffeur les dépose devant la maison d’une famille dont ces deux enfants ne savent rien. [...] La décision de justice laisse entendre qu’il y avait urgence et que ces enfants devaient être placés manu militari. Et tellement vite qu’il n’était même pas possible d’attendre qu’un gendarme ou un personnel de l’aide sociale à l’enfance soit disponible pour les accompagner. On les a donc fourrés dans un taxi collectif", juge l'ancienne ministre guyanaise.
Guyane 1ere qui a révélé l'affaire cite le témoignage de l'artiste Antoine Dinguiou, présent dans le taxi qui a transporté les enfants : "Les enfants n’ont pas arrêté de réclamer leur maman. Ils disaient que si on les emmenait dans une famille d’accueil, ils allaient fuguer. Et c’est ce qu’ils ont fait."
Aux dernières nouvelles, les enfants sont toujours recherchés. Une enquête pour disparition inquiétante a été ouverte par la procureure de la République de Cayenne. La procureure assure mardi matin que "des contrôles de véhicules et de pirogues" ont été organisés "ainsi que de premières auditions de commerçants, restaurateurs et piroguiers." 24 gendarmes sont mobilisés avec le soutien des chefs coutumiers sollicités tant côté surinamais que français.
Les forces de l'ordre mobilisent aussi la brigade cynophile de la compagnie de gendarmerie de Saint-Laurent.
Cette affaire rappelle celle du placement de Taicha Sommier, contesté par sa mère Flora Sommier, elle aussi habitante de Papaichton.

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