Philippe Brun écarté pour des accusations de violence, la primaire de la gauche commence mal
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Philippe Brun écarté pour des accusations de violence, la primaire de la gauche commence mal

Le député socialiste Philippe Brun à Paris le 21 octobre 2024
Le député socialiste Philippe Brun à Paris le 21 octobre 2024 • LUDOVIC MARIN

Ils ne seront finalement que cinq candidats sur la ligne de départ : la primaire de la gauche démocratique et sociale démarre ce mercredi avec la mise à l'écart d'un des prétendants, le député socialiste Philippe Brun, pour des accusations de violences.

Ledéputé de l'Eure, 34 ans, qui avait annoncé mardi avoir les parrainages requis pour participer à la primaire, a été suspendu du Parti socialiste à titre conservatoire à la suite d'accusations d'une militante portant sur des "faits susceptibles de relever d'une caractérisation pénale", a indiqué la direction du PS.

Son nom ne figure donc pas parmi la liste des cinq candidats autorisés à concourir pour ce processus de départage, prévu les 9-10 et 16-17 octobre, en vue de l'élection présidentielle d'avril et mai prochains.

Philippe Brun, qui entendait défendre dans cette primaire une ligne populaire, affirme avoir appris avec "stupeur" sa suspension, assurant ignorer "ce qui (lui) est reproché". Il est également exclu, à titre conservatoire, du groupe PS à l'Assemblée.

Le député précise qu'une ancienne collaboratrice, "licenciée pour faute grave", a saisi mardi soir "la direction du parti de faits +pouvant être qualifiés pénalement+".

Les accusations à l'encontre de M. Brun portent sur trois registres : "le registre du harcèlement", celui "des violences physiques" et celui de "l'emploi familial", a précisé la direction du PS à l'AFP.

L'emploi familial concerne le fait qu'un député ne peut employer une personne issue de sa famille ou un conjoint.

"Droits des femmes"

Cette femme avait déjà saisi début juillet deux instances du parti, la commission de lutte contre le harcèlement et les discriminations et la commission nationale des conflits, sur ces faits. 

La militante aurait par ailleurs déposé plainte au pénal, a-t-on appris auprès d'une autre source socialiste.

Pour justifier cette mise à l'écart, qui a été votée mercredi matin par le bureau national "à l'unanimité moins une opposition et trois abstentions", le PS invoque la "défense des droits des femmes". 

"On peut écouter, prendre en compte et respecter la parole des potentielles victimes sans piétiner la présomption d'innocence et sombrer dans l'arbitraire généralisé", rétorque M. Brun, déplorant que, "sur la foi d'un signalement envoyé hier à 23H50 on empêche un parlementaire ayant réuni tous ses parrainages d'être candidat".

Il affirme aussi "qu'à date, aucune plainte n'a été déposée" contre lui.

"Le PS ne se substitue pas à la justice mais l'article 4.3.4 de nos statuts permet de prononcer une mesure de suspension à titre conservatoire", précise la direction, qui évoque un "sujet politique" au moment où le parti défend à l'Assemblée nationale la proposition de loi dite "intégrale" contre les violences sexuelles faites aux femmes et aux enfants.

Mauvais auspices

Cette annonce sonne comme un coup de tonnerre pour cette primaire déjà partie sous de mauvais auspices, après plusieurs mois de discussions sur son périmètre et des critiques venues de toutes parts, entre ceux qui refusent d'y participer, comme l'ex-président François Hollande, ou ceux qui au contraire souhaitaient y rentrer mais s'en sont vu refuser l'accès, comme le député ex-Insoumis François Ruffin ou le banquier d'affaire Mathieu Pigasse.     

Au final, trois socialistes ont obtenu leur sésame : le patron du parti Olivier Faure, le député Jérôme Guedj et l'ex-candidate à la présidentielle Ségolène Royal.

Ils rejoignent sur la ligne de départ le chef de Place publique, Raphaël Glucksmann, et le patron du petit parti Gauche républicaine et socialiste (GRS) Emmanuel Maurel qui, en tant que dirigeants de parti, n'avaient pas besoin de soutiens internes au PS.

Si Raphaël Glucksmann est considéré comme le favori, d'après les sondages pour la présidentielle qui le créditent de 10 à 14% des intentions de vote, le premier secrétaire du PS, qui publie un livre jeudi, entend bien déjouer les pronostics même s'il n'est pour l'instant évalué qu'autour de 4 à 5%.

La bataille des soutiens a d'ailleurs déjà commencé : Raphaël Glucksmann a publié mercredi matin, dans La Tribune Dimanche, une première liste de 300 noms, dont 30 parlementaires et 150 maires.   

Les candidats participeront à trois débats télévisés, le 23 septembre sur LCI, le 1er octobre sur France 2 et le 4 sur BFMTV.

caz/are/frd/

Le député PS Philippe Brun le 28 août 2026 à Blois
Le député PS Philippe Brun le 28 août 2026 à Blois • Alain JOCARD
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