Violences : les Chinois tirent le rideau au Suriname
Ce mardi, toute la matinée, les commerçants chinois du Suriname garderont porte close pour attirer l’attention du gouvernement sur la répétition des actes de violence qui les touchent.
Suriname Chinese United Association (SCUA) fédère historiquement les chinois du Suriname et ses actions sont très suivies par la communauté. Elle attire l’attention sur les nombreux cambriolages, vols et vols avec violence commis principalement vers les entrepreneurs chinois ces derniers temps au Suriname. L’organisation se dit indignée à ce sujet et l’a indiqué dans un communiqué de presse. Pour attirer l’attention sur cela, les supermarchés, les restaurants, etc. seront fermés pendant une demi-journée ce mardi 20 décembre.
Les portes closes des entreprises visent également à exprimer leur profonde sympathie à toutes les victimes d’actes criminels. La SCUA appelle tous ses membres et sympathisants qui exploitent une entreprise commerciale (y compris les grands magasins, les supermarchés et les restaurants) à participer à cette action.
Le 3 décembre 2022, Lin Yuliang, président de l’association sociale du Fujian, a été volé et assassiné sur la route de Langatabiki. Il avait 500 grammes d’or brut d’une valeur de 22 500 dollars US avec lui, ainsi que 250 000 SRD et 1200 USD. Véritables coupeurs de route, les bandits avaient préparé une embuscade à un endroit où la route gravit une colline et ont ouvert le feu sur le véhicule.
Quelques jours plus tard, le 14 décembre 2022, Chen Yuanlan, âgée de 53 ans, propriétaire d’un petit supermarché à Paramaribo, a également été volée et assassinée pendant les heures normales de travail. Les bandits n’ont pas hésité à tirer sur l’infortunée commerçante.
« Nous appelons le gouvernement à mettre immédiatement plus de ressources et de personnel à disposition pour améliorer et assurer la sécurité de tous les citoyens », a déclaré le président de Scua, Li Xue Xiong.
Le SCUA, par l’intermédiaire de son président, demande que les peines soient sévères afin que les criminels soient découragés de commettre des violences.
Les commerçants chinois en ont assez des vols brutaux de leurs commerces. Un groupe de commerçants prévoit d’agir de leur propre chef et de garder leurs portes fermées au public pendant deux jours pour forcer le gouvernement surinamais à prendre soin de leur sécurité. Cette première fermeture des magasins durant une demi-journée est une étape. Il faut s’attendre au durcissement du mouvement si la situation venait à perdurer.
Dans un climat de tension, où la crise exacerbe les difficultés, les recours à la violence sont en hausse. En dehors des deux événements extrêmes cités, il y a eu des cas où des commerçants ont été battus et privés de tous leurs effets personnels. Les victimes chinoises ont dû payer elles-mêmes les frais médicaux et d’ambulance.
La violence contre les entrepreneurs chinois n’est pas quelque chose de nouveau chez nos voisins. Depuis 2018, il est devenu évident que les commerçants chinois sont les plus ciblés par les voleurs. Une situation qui fait écho à celle que vivent les commerçants asiatiques de Guyane (lire nos éditions précédentes).
Linwei, Président de SCUA, a également consulté l’ambassadeur chinois et fait part du mécontentement de la communauté.

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