Un palika impressionnant pêché dans le Maroni
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Un palika impressionnant pêché dans le Maroni

Camilo Kogi
Dylan Forster pose avec un tarpon impressionnant pêché mardi soir sur les rives du Maroni, à Apatou.
Dylan Forster pose avec un tarpon impressionnant pêché mardi soir sur les rives du Maroni, à Apatou.

Dylan Forster a ferré un tarpon de plus de 50 kilos mardi sur les rives du Maroni, un spécimen rare qui marque les esprits

C’est ce que tout amateur de pêche qualifierait de « pêche miraculeuse ». Mardi soir, Dylan Forster, jeune homme originaire d’Apatou, a ferré un palika aux dimensions spectaculaires. Mesurant plus d’un mètre cinquante et plus de quatre-vingts kilos, le spécimen impressionne et nourrit encore un peu plus la réputation de pêcheur redoutable de ce jeune Apatoucien.

Il est 18 h, la journée tombe sur la place des fêtes d’Apatou. C’est l’heure à laquelle, depuis plusieurs jours, Dylan Forster, jeune pêcheur originaire de la commune, vient s’adonner à la pêche sur la rive du Maroni : « Ça fait plusieurs jours qu’on voyait le palika dans l’eau en face de la place des fêtes. Je l’ai déjà attrapé une fois, mais il a réussi à s’échapper. Depuis, je reviens tous les soirs », explique-t-il, sans se douter que quelques heures plus tard, il serait parvenu à ses fins.

« Je l’ai attrapé vers 18 h 30, j’étais tout seul alors, j'ai eu beaucoup de mal pour le sortir. Il mettait toute sa force pour essayer de s’échapper. Pendant une heure, je l’ai tiré hors de l’eau ». Le tarpon est en effet réputé pour sa force et sa puissance, ce qui en fait un poisson difficile à pêcher.

« Je pêche depuis l’âge de huit ans, j’ai appris avec mon père. Je connais bien l’endroit, c’est le troisième palika que j’attrape ici, le dernier, c'était il y a deux ans », raconte Dylan avec fierté avant de livrer une dernière anecdote : « J’ai même gardé les écailles, elles sont très belles, je vais peut-être en faire un collier ».

Le palika, roi de l’estuaire

Le tarpon, communément appelé « palika » en Guyane, dénomination dérivée du mot amérindien « apalik » désignant un poisson à grosses écailles, est un spécimen mythique de la faune guyanaise.

D’abord considéré pour ses dimensions hors du commun, il peut atteindre une longueur de 2,50 m et un poids de 80 kg (voire plus de 100 kg). Il présente un corps recouvert de grandes et épaisses écailles argentées. C’est aussi une espèce très ancienne puisque des fossiles, vieux de plusieurs millions d’années, ont été retrouvés et démontrent que l’espèce a survécu, pratiquement inchangée depuis plus de 100 millions d’années, lui valant parfois le qualificatif de « fossile vivant ».

Enfin, si sa présence sur les rives d’Apatou est peu courante, elle s’explique par le fait que les tarpons fréquentent les estuaires des fleuves qu’ils peuvent remonter jusqu’à plus de 60 kilomètres vers l’intérieur. La saison des pluies (janvier à juillet) est propice à sa venue dans les zones basses des fleuves Oyapock et Maroni, à la recherche d’apports de nourriture (crabes, crevettes et petits poissons).

Sur le bord du Maroni, on a coutume de raconter qu’un jour, un pêcheur aurait accroché un immense tarpon plus grand que sa pirogue, mais que, face à la force du poisson, la ligne aurait cédé. À n’en pas douter, la pêche de Dylan continuera d’alimenter la légende du poisson roi des estuaires.

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