Un dernier parapheur
La vie, ou encore le temps, n'a que faire des jours et des heures, parfois à se percuter dans la même douleur ou encore la stupéfaction. C'est dire que le moulin broie, et rejette sans se soucier de l'affliction qu'il peut engendrer.
Lundi, la Guyane perdait deux hommes publics. L'un plus en vue, grâce à son activité d'homme politique et d'élu. Claude Ho-A-Chuck, dont cette rubrique serait trop courte pour retracer son parcours. Nous étions au matin de ce lundi de Pentecôte quand tomba la nouvelle.
Pour corroborer notre introduction, quelques heures plus tard, voilà que le moulin du temps nous informe de la disparition d'André Néron, qui fut le directeur général des services de l'ancien conseil Général, dont Claude Ho-A-Chuck fut le président.
C'est dire que les deux hommes ont longtemps collaboré au sein de l'ancienne collectivité, l'un signant, l'autre faisant approuver ses parapheurs. Tous deux Docteurs. Ho-A-Chuck médecin, et Néron en droit public. Néron fut enseignant dans ce début d'embryon d'université, il y a de cela plus de quatre décennies, dans des cours d'adultes le soir au collège Nonon.
Comme dans une dernière séance plénière, ils ont signé la dernière page de leur vie le même jour. Un dernier parapheur, qui ressemble déjà à un registre de condoléances, pour ces deux figures qui ont marqué, avec force, (Ho-A-Chuck) le destin de la Guyane, avec discrétion, mais efficacité (Néron). Les hommages ne manqueront pas. À ces deux hommes partis un même jour, l'éternité leur apporte une dernière collaboration, celle d'un départ commun un lundi de Pentecôte.

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