L'enquête avait conclu à un accident de chasse. La mère de la victime demandait un jugement devant la cour d'assises. Sa requête n'a pas été entendue.
.C'est dans un climat tendu que le prévenu, âgé de 42 ans s'est expliqué sur la tragique nuit du 29 décembre 2007. Avec sa femme et un ami, il est parti pour un week-end chasse-pêche dans un carbet. Vers 21 h 30, il part seul à la chasse. Pensant être loin du carbet, lors qu'il aperçoit « l'oeil d'une biche » , il fait feu mais il a été trompé par la lampe frontale installée au carbet. Un premier tir avec de la chevrotine, puis un second avec du plomb plus petit et il a entendu sa compagne crier. Son ami s'était écroulé. Le prévenu l'a transporté à l'hôpital de Saint-Laurent où il est décédé. L'autopsie a permis de découvrir qu'un plomb de chevrotine l'avait atteint au niveau de l'oreille droite. L'enquête et des reconstitutions en présence d'un expert en balistique avaient conclu à l'accident.
Une thèse que réfute la partie civile représentée par Me François Gay, qui estime que « les dires de l'expert balistique sont sujets à caution » . L'avocat demande également la qualification des faits en « homicide volontaire » et un jugement devant la cour d'assises. Le procureur s'appuie sur l'enquête et les expertises balistiques pour juger « six ans après les faits un homicide involontaire » . Une peine de dix-huit mois avec sursis est requise.
« LA CHASSE AUX YEUX »
Pour la défense, Me René Kerhousse dénonce « un roman noir écrit en sous-sol sur ce drame » . Des accusations portées par une des parties civile qu'il qualifie « d'invraisemblables et dégueulasses » , voulant rajouter au mal en traînant son client devant les assises. L'avocat constate que les parents de la victime demandent sans pudeur des sommes considérables, jusqu'à 30 000 euros. « Le coupable dans ce dossier, c'est l'absence de réglementation de la chasse en Guyane. On peut chasser de nuit... C'est la chasse aux yeux. On peut acheter librement un fusil de chasse » , conclut l'avocat.
Après délibérations, le tribunal se déclare compétent et rejette la demande de renvoi devant la cour d'assises. Le prévenu reconnu coupable d'homicide involontaire a été condamné à dix-huit mois de prison avec sursis. Une peine qui ne figurera pas sur son casier judiciaire B2. Une audience civile est programmée en 2014.
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