Béatrice et François Morinière (au centre), les parents de Sophie, entre Monseigneur Lafont et Christiane Taubira, hier au PK 194 (Jody Amiet)
Une centaine de personnes s'est réunie hier midi autour des parents de Sophie Morinière au PK 194, sur les lieux de l'accident où la jeune femme de 21 ans a perdu la vie en juillet 2013, afin d'inaugurer une stèle en sa mémoire.
De l'émotion. Beaucoup d'émotion. Des chants, parfois quelques larmes. Mais, comme le rappelle d'emblée l'évêque de Guyane, Monseigneur Lafont, « le temps de pleurer est passé » . Alors hier, en présence de Béatrice et François Morinière, les parents de Sophie, ainsi que de sa soeur et de son frère, c'est muées par la volonté de « célébrer la vie » qu'une centaine de personnes se sont rassemblées autour de la stèle érigée au PK 194, entre Saint-Laurent et Iracoubo. Sur les lieux de l'accident, au cours duquel la jeune femme a perdu la vie, en juillet 2013, alors qu'elle séjournait en Guyane avant de gagner Rio de Janeiro pour participer aux Journées mondiales de la jeunesse. Seule victime, Sophie était âgée de 21 ans.
Lorsque Monseigneur Lafont prend la parole, la famille Morinière se resserre. « Ce n'est pas une tombe que nous bénissons, précise l'évêque, c'est une croix. Un arbre de vie. Aujourd'hui, c'est une fin de deuil. » La croix qui surmonte la stèle représente la statue du Christ qui trône au sommet du Corcovado, à Rio. La même croix qui orne la tombe de Sophie, à Paris. « C'est un lien, Sophie est toujours là » , lance Charles Bruyer du Comité Sophie, initiateur du projet de stèle. Valérie Fourneyron, ancienne ministre de la Jeunesse et des Sports, accompagne la garde des Sceaux, Christiane Taubira. Proche de la famille Morinière, elle a vécu un drame similaire. Elle sait l'importance du « temps du partage et de la prière » qui suit une douleur qui, « pour les parents, ne se referme jamais » .
POÈME DE PAUL ÉLUARD
Très émue, Christiane Taubira évoque la « stupeur et la tristesse » de la Guyane et de la France à l'annonce du décès de Sophie. « J'ai pensé à l'effroi qui a pu être celui de ses parents » , assure-t-elle, avant de conclure son intervention en récitant un poème de Paul Éluard. François Morinière serre la ministre dans ses bras. Rythmées par un tambour, des louanges sont alors entonnées par les fidèles rassemblés autour de la stèle. La cérémonie s'achève. Les visages sont souriants, sereins. Comme touchés par la joie et la générosité qui, de l'avis de tous ceux qui l'ont côtoyée, caractérisaient Sophie Morinière.
Un mélange « d'émotion et de sérénité »
Béatrice Morinière (mère de Sophie)
« Aujourd'hui, il y a un mélange d'émotion et de sérénité. Je me sens plus proche des Guyanais. Quand Sophie est partie en Guyane, je lui ai dit que c'était loin, qu'elle nous raconterait son voyage à son retour. Mais elle nous a appelés deux fois, a tenu un journal et une chronique sur Radio Notre-Dame. Nous savons que ces derniers jours ont été faits de joies et de chants. [...] J'ai été marquée par l'émotion de la famille dans laquelle elle a été accueillie à Saint-Laurent. »
François Morinière (père de Sophie)
« Ce sentiment de grande union, je l'avais déjà ressenti il y a un an. Même si je suis étonné par cette mobilisation extraordinaire. Il y a un mélange de joie et de tristesse. Un mot me frappe aujourd'hui, la gratuité (du monument érigé à la mémoire de Sophie). Il me frappe car il signifie la grâce de donner à l'autre. Tout s'est brisé d'un coup sur cette route. La Guyane et tous les parents ont compris notre douleur.
Mais il fallait dépasser cette tristesse, la transcender. Cette stèle, c'est la vôtre. Sur votre terre que l'on aime comme la nôtre. »
Concert et recueillement à Saint-Laurent
Avant l'inauguration de la stèle en mémoire de Sophie Morinière, dimanche sur la RN1, le stade B de Saint-Laurent a accueilli une veillée de concerts et de prières, samedi. Plusieurs groupes se sont succédé sur scène, dont le groupe Étoile filante de Saint-Laurent (notre photo), qui a interprété des titres gospel, ou le groupe Chambala de Cayenne. Beaucoup d'émotion et de recueillement se dégageait du public, venu nombreux, à mesure que chantaient la dizaine de groupes de cette soirée.
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