Les faits se sont déroulés dans un pavillon situé rue Ernest-Patient à Kourou, le mercredi 14 mars 2012 vers 22h30 (Ph. Ch)
Le 14 mars 2012, un homme âgé de 21 ans était poignardé de vingt-deux coups de couteau par sa compagne. Vendredi, la violence conjugale était au coeur des débats.
Il a fallu attendre minuit, vendredi, pour connaître l'issue de la journée de débats devant la cour d'assises. Xaviella Hek, une jeune femme âgée de 22 ans comparaissait pour le meurtre de son compagnon, Jacques Philippe Soke, le mercredi 14 mars 2012 dans un pavillon de la rue Ernest-Prudent à Kourou. Il était âgé de 21 ans (voir nos précédentes éditions). La violence conjugale fut au coeur des plaidoiries et réquisitions, l'accusée expliquant ses vingt-deux coups de couteaux par l'exaspération de subir des violences de la part de son compagnon.
« Lorsqu'une femme dit être battue, c'est au mari de prouver son innocence » , constate Me José Lobeau, avocat de la partie civile. Mais pour lui « homme et femme » sont égaux devant la violence. Il rappelle le témoignage sur une dispute du couple soulignant que : « les coups étaient réciproques » . « Témoigner devant la cour est un moment de vérité » fait-il remarquer, constant que les seuls témoins affirmant que la victime était violente ne sont pas venus à l'audience. « Le couple avait certainement des difficultés mais Xaviella Hek n'était pas une femme soumise. Elle l'a tué physiquement et, pour se défendre, elle essaye de tuer son image en le cantonnant dans le rôle d'un homme violent. C'est une tueuse! » conclut l'avocat. Reprenant méthodiquement le déroulement des débats, l'avocat général souligne « les déclarations paradoxales » , de l'accusée qui n'a vécu en couple avec la victime que deux à trois ans. Face à un homme allongé sur un matelas, « elle lui casse une bouteille sur la tête et prend délibérément un couteau pour le piquer. Elle ne laisse aucune chance à la victime. Elle a piqué pour tuer. Elle était hystérique » , rappelle l'avocat général. En conclusion, une peine de 14 ans de réclusion criminelle est requise.
Au niveau de la défense, Me Cléo Semonin ne veut pas « faire le procès des femmes battues » , mais expliquer ce qui a conduit sa cliente à agir ainsi. Elle souligne : « une situation d'emprise totale. Elle lui pardonnait lorsqu'elle recevait des coups. Un cas classique » . Aussi elle invite à prendre en compte : « le faisceau d'indices qui traduit cette violence dans le dossier. Le certificat médical établit de façon précise les coups qu'elle avait reçus. »
Finalement, Xaviella Hek est reconnue coupable de meurtre. Elle est condamnée à quatorze années de réclusion.
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