Neuf mois ferme pour Anne-Sophie Leclere
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Neuf mois ferme pour Anne-Sophie Leclere

franceguyane.fr / AFP
Dans l’émission «Envoyé Spécial» du 17 octobre 2013, Anne-Sophie Leclere, une commerçante de 33 ans, encartée au FN depuis 2012, avait assumé un photomontage comparant la ministre de la Justice à un singe, qu’elle avait diffusé sur son compte Facebook.
Dans l’émission «Envoyé Spécial» du 17 octobre 2013, Anne-Sophie Leclere, une commerçante de 33 ans, encartée au FN depuis 2012, avait assumé un photomontage comparant la ministre de la Justice à un singe, qu’elle avait diffusé sur son compte Facebook.

L'ex-candidate FN, qui avait insulté Christiane Taubira, a écopé d'une peine plus lourde que les réquisitions du procureur.

Le tribunal de grande instance de Cayenne a rendu son verdict, dans le procès qui opposait l'ancienne candidate FN Anne-Sophie Leclere au parti Walwari. Pendant la campagne des municipales de Rethel (Ardennes) , elle avait publié sur sa page facebook un photomontage de Christiane Taubira avec un petit singe, au côté duquel figurait un commentaire qualifié d'insultant.


La candidate a été condamnée à neuf mois de prison ferme et cinq années d'inéligibilité. Le Front National est lui condamné à 30 000 euros d'amende. Le parti et son ancienne candidate sont ensemble condamnés à payer 50 000 euros de dommages et intérêts à Walwari. C'est beaucoup plus que les réquisitions du procureur. Lors du procès, mardi dernier, Ivan Auriel avait demandé quatre mois de prison ferme et 5 000 euros d'amende.

Le Front national et Anne-Sophie Leclere n'avaient pas fait le déplacement. L'audience du 8 juin fut donc l'occasion pour les six avocats du parti guyanais de stigmatiser la politique du Front national qui constitue, comme l'a souligné Joël Pied, secrétaire général de Walwari : "Une menace et un danger pour la société cosmopolite". Militante de Walwari, Lydie Hofong-Choy était venue à la barre dénoncer "le déferlement de haine" de ce parti entrainant "une accoutumance au racisme à bas prix".

À la suite du verdict, Joël Pied a évoqué une "décision historique et salutaire". "Une institution notable de la République reconnaît que le Front National est condamnable par le droit, et qu'il s'agit d'un parti raciste. Nous espérons que cette décision va faire date", a-t-il souligné.

Le représentant du Front national en Guyane, René Tran Van Nghia, a lui jugé cette décision "politique et ridicule".

Dans un communiqué transmis à l'AFP, le FN a évoqué des "condamnations révoltantes" et fait part de son intention d'interjeter appel.

"Il doit s’agir des condamnations les plus importantes prononcées depuis longtemps en matière de droit de la liberté d’expression", dénonce le FN dans son texte. Le parti qualifie le procès de "chausse trappe" au motif qu'il "n'est pas parvenu à trouver à Cayenne un avocat susceptible de le défendre " et que sa demande de récusation du président du TGI guyanais, pour appartenance au syndicat de la magistrature, n'a pas été entendue.
- 'Rien à voir avec du racisme' -
Le 17 octobre, un reportage de l'émission "Envoyé spécial" sur France 2 avait montré cette commerçante de 33 ans, encartée au FN depuis 2012, propriétaire d'un magasin d'articles de pêche à Rethel, dans les Ardennes, qui s'efforçait de monter une liste pour les élections municipales dans cette ville de quelque 7.500 habitants.

Questionnée alors sur un photomontage qu'elle avait placé sur sa page Facebook et qui montrait d'un côté un petit singe et de l'autre la garde des Sceaux, avec les légendes "à 18 mois" et "maintenant", Mme Leclère l'avait assumé, assurant que "ça n'a rien à voir" avec du racisme.

"Cette photo c'était de l'humour. L'image a été postée sur ma page Facebook et je l'avais supprimée quelques jours après d'ailleurs, ce n'est pas moi l'auteur", s'était-elle ensuite défendue.

Mme Leclère avait été exclue du FN le 3 décembre par la présidente du parti, Marine Le Pen, sur proposition de la commission de discipline de la formation d'extrême droite. La justice avait également ouvert une enquête préliminaire, confiée par le parquet de Paris à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP).

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