Un Brésilien de 40 ans, Borges Alves Fontes, a été jugé hier pour avoir tué par arme blanche, le 11 septembre 2006, Paulo Sergio Rodrigues, à la décharge de Cabassou.
« C'est un drame entre miséreux avec une conséquence assez triste » , prononce le président de la cour d'assises. C'est sur ce pathétique ton qu'ont été conduits les débats.
Le 11 septembre 2006, l'accusé, Borges Alves Fontes, se rend avec d'autres ressortissants brésiliens, à la décharge de Cabassou pour chiner. Leur spécialité : la récupération du cuivre.
Et tout bascule
Seulement, ce samedi-là, tout bascule. Borges Alves Fontes a un contentieux avec la victime, Paulo Sergio Rodrigues. Qu'il a, quelques jours avant, accusé de s'être introduit dans sa case et d'avoir piétiné ses plantes. Paulo Sergio Rodrigues prend mal ces accusations et voue une haine à Borges Alves Fontes.
Les événements auraient pu s'arrêter là, si ces deux hommes ne s'étaient croisés. Alors qu'ils travaillent, un camion benne vient déverser des aliments.
Tous se précipitent pour ramasser de quoi manger. Parmi les restes, Borges Alves Fontes récupère du riz. Il en fait des amas. Paulo Sergio Rodrigues donne un coup de pied dans les provisions de Borges Alves Fontes.
« C'est mon chemin, tu n'as pas à mettre ton riz ici! » , clame la victime. Il donne un second coup de pied, estimant que l'accusé l'ignorait.
Nuage de latérite
Borges Alves Fontes et Paulo Sergio Rodrigues commencent à se bagarrer. Paulo Sergio Rodrigues récupère une barre de fer. Borges Alves Fontes sort un couteau et le poursuit. Au même moment un camion est en train de déposer de la latérite et lève un nuage de poussière. Paulo Sergio Rodrigues trébuche et fait tomber Borges Alves Fontes. Selon les dires de l'accusé, c'est dans ce cafouillage qu'il a, involontairement, porté les coups de couteau. Paulo Sergio Rodrigues s'éloigne avec une importante blessure au cou et décède.
« Je ne me rappelle pas l'avoir poignardé » , dit Borges Alves Fontes. Abattu et presque en pleurs, il raconte les faits. Le président de la cour d'assises peine à croire les indications de l'accusé car, selon le médecin légiste, le coup fatal a été porté de face. « La poussière empêchait de voir ce que l'on faisait » , affirme l'accusé.
L'avocat général entame à son tour des réquisitions où perce l'émotion. « Nous sommes en plein coeur d'un drame où le sordide et la misère se sont étroitement imbriqués. » Avant d'ajouter qu'il « a tué un homme. Une provocation ne peut pas justifier un tel acte » . Il requiert huit ans de prison et une interdiction du territoire. L'avocat de l'accusé, Me Bonfait, estime que h0uit ans, c'est beaucoup trop, compte tenu de la personnalité de son client. En pleurs, Borges Alves Fontes clot les débats : « Que Dieu me pardonne pour ce que j'ai fait! » .
Après deux heures de délibération, les jurés ont condamné Borges Alves Fontes à six ans d'emprisonnement assortis d'une interdiction définitive du territoire.
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