L'évacuation avortée des réfugiés rue François Arago
Ce matin à 7 h, l’évacuation des réfugiés de la rue François Arago, à Cayenne, a été initiée. Si certaines familles ont récemment été relogées, d'autres migrants ont refusé de bouger… L’opération a finalement été annulée.
Cette action fait suite à plusieurs signalements de la mairie de Cayenne. Nous parlions d'ailleurs du nouveau cri d'alerte de la municipalité, hier dans nos colonnes.
Hier, le 14 avril, une réunion a finalement eu lieu entre le préfet et la mairie. Selon cette dernière, il a été demandé de "prendre en charge les réfugiés et d'accueillir ceux qui sont en droit d'être accueillis." Il a aussi été rappelé l'existence d'un arrêté municipal interdisant "l'installation de tentes ou de bivouacs, ou tous autres dispositifs ayant la même finalité entre 6 h et 22 h", sur de nombreuses rues du centre de Cayenne, dont la rue François Arago. La mairie a ainsi demandé l'application de cet arrêté, valable du 8 janvier au 30 juin.
Dès le lendemain, ce 15 avril - et à partir de 7 h - la Police nationale a initié l'évacuation des migrants occupant le trottoir en question. Certaines de leurs affaires ont été mises dans un camion benne de la ville de Cayenne. D'autres migrants ont refusé de bouger. Pour rappel, ces personnes sont, pour la grande majorité, de nationalité syrienne.
Ceux avec les critères de vulnérabilité les plus importants, devraient tout de même être relogées d'ici peu. Six familles ont d'ailleurs trouvé de nouveaux hébergements le 9 avril dernier.
En ce qui concerne les réfugiés encore à la rue, il est, pour l'heure, difficile de savoir où ils vont être redirigés aujourd'hui. L'opération pourrait se dérouler sur une grande partie de la journée. Ceux pour qui la demande d'asile a déjà été - en revanche - refusée ne seront pas hébergés et devront quitter le territoire, rappelle la Préfecture.
Le jour chômé du vendredi saint serait aussi mal tombé pour la mise en œuvre de cette évacuation. Les services communaux concernés étant fermés.
Au bout du compte, certaines affaires ont quand même été enlevées, dont certains matelas, mais les migrants se sont réinstallés.
Dans le vacarme, des citoyens sont également venus offrir des dons d'eau et de vivres aux familles démunies. L'association Médecins du monde est aussi passée pour recenser les besoins en termes de santé et vérifier l'état des personnes les plus fragiles.

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