Disparition de Jean-Paul Hippos : "plus qu'un journaliste, un mentor, un grand frère"
Survenue le mercredi 28 mai 2025, la disparition de Jean-Paul Hippos laisse le monde du journalisme guyanais en deuil.
"Jean-Paul était le meilleur d'entre nous, il savait tout, il m'a tout donné", se souvient Nicolas Pietrus. Les deux amis ont travaillé ensemble aux débuts de France-Guyane, dans les années 1980. "Lors du cyclone Hugo qui a traversé la Guadeloupe en 1989, Jean-Paul avait eu une information depuis la Guyane que la Guadeloupe n'avait pas… Il avait toujours une longueur d'avance", sourit-il.
Polyglotte, Jean-Paul Hippos s'était spécialisé dans la coopération régionale avec les pays voisins. "Il écoutait toutes les radios : en portugais pour avoir des infos sur le Brésil, en anglais pour des infos sur le Guyana, et en hollandais pour le Suriname", raconte encore Nicolas Pietrus.
Correspondant pour Radio France Internationale, France Inter, Le Soir, Jean-Paul Hippos a ensuite rejoint Radio France Outre-mer, aujourd'hui Guyane La 1ère. C'est là qu'il rencontre Claude Innocent dans les années 1990. "C'est lui qui m'a montré les ficelles du métier. Une fois, j'avais suivi un match de boxe. Il devait être minuit, 1h du matin, et à l'époque, je devais couper les bandes. Je m'étais dit : ‘mince, on ne m'a pas appris ça !' Il m'avait dit : ‘ne t'inquiète pas Claude, je vais venir' ", dit-il avec émotion. "Ce n'était pas un collègue, c'était un ami, un frère", confie-t-il.
Un journaliste intransigeant
"Excellent journaliste", "rigoureux" et "intransigeant", Jean-Paul animait les débats politiques avec aisance. Ne se laissant pas faire, "il avait son caractère bien trempé", ajoute Claude en riant.
Lorsqu'il présentait le journal télévisé, il arrivait parfois avec une simple feuille. "Il ne lisait rien, il maîtrisait son sujet, c'était un professionnel avec un grand P", souligne Claude. "De tous les journalistes que j'ai vu défiler, c'était le numéro 1", appuie-t-il.
Pour Claude Djani, "Jean-Paul était un grand frère, un mentor, un journaliste guyanais qui n'abandonnait pas ses compatriotes". "Son décès est une grande perte pour la Guyane et pour le milieu du journalisme", soupire-t-il.
Par son professionnalisme, son exigence et son humanisme, Jean-Paul Hippos restera comme un journaliste qui a profondément marqué son époque.

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