Le dépistage est de plus en plus pratiqué, surtout en Guyane. (photo d'archives)
Les organismes de santé restituaient hier les résultats de deux importantes études menées aux Antilles et en Guyane.
Deux mille séropositifs sont traités en Guyane aujourd'hui. En 1999, ils étaient 700. On estime qu'un millier de personnes ne savent pas qu'elles vivent avec la maladie. Les enquêtes KABP (1) et Vespa2 (2) (déjà conduites une première fois dans les années 2000) permettent de faire le point sur l'évolution de l'épidémie et des comportements.
1. PRÉCARITÉ INQUIÉTANTE EN GUYANE
Ce qui ressort, c'est la pauvreté frappante des patients : 77% de ceux interrogés par Vespa2 étaient en forte difficulté financière (contre 38% en Martinique). « On constate une dégradation générale en Guyane depuis les années 2003. Les populations de séropositifs sont plus fragiles, en précarité financière et administrative » , résume France Lert, de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Sociologiquement, ces personnes sont faiblement diplômées, avec plus de chômeurs en Guyane qu'aux Antilles. Autre fait saillant : la proportion des étrangers a fortement augmenté depuis 2003. Ils représentent la majorité des patients.
2. PLUS DE DÉPISTAGES
Le diagnostic tardif recule. En Guyane, 69% des patients ont été diagnostiqués après 2003 (33% en Martinique). Côté dépistage, la Guyane devient aussi bonne élève : 78% des enquêtés ont déclaré avoir fait un test dans les derniers mois, un chiffre au-dessus de la moyenne métropolitaine (62%). Mais le recours est plus faible chez les 18-24 ans, pourtant plus exposés. Le professeur Mathieu Nacher déplore à ce propos la fin de la mise en place expérimentale du test rapide d'orientation diagnostic (Trod) par les médecins libéraux. Il avait permis de détecter plus de 40 infections l'an passé.
3. L'ÉPIDÉMIE RALENTIT
Bien qu'elle reste active sur le département (avec des écarts forts par rapport à l'Hexagone), le risque pour un individu de contracter l'épidémie (appelé « incidence » ) est en baisse. Le taux de croissance du VIH décroit lui aussi. L'épidémiologiste de l'Inserm se réjouit des « avancées thérapeutiques. L'organisation des soins et la réception des traitements sont meilleures » . Aussi, bien que la stigmatisation n'ait pas disparu, les spécialistes notent un recul, dû à une meilleure connaissance du sujet. Autre bonne nouvelle : entre 2004 et 2011 l'utilisation du préservatif a nettement augmenté.
(1) 2 000 personnes (de 15 à 69 ans), interrogées par téléphone.
(2) 139 patients séropositifs sondés, traités depuis plus de six mois.
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