Un laboratoire d’excellence en Guyane
La recherche scientifique sur la biodiversité en Guyane devrait connaître un bond en avant dans les années qui viennent, avec l’apparition du Centre d’études de la biodiversité amazonienne (Ceba), qui vient d’être labellisé « laboratoire d’excellence ».
Le 23 mars, un jury international d’experts offrait à la Guyane une opportunité sans précédent de montrer et, surtout, de développer ses compétences en matière de recherche scientifique dans le domaine de la biodiversité. Ce jury venait de décerner le label « laboratoire d’excellence » (labex) au Centre d’études de la biodiversité amazonienne (Ceba), un projet initié par le CNRS et l’université des Antilles-Guyane, et plus particulièrement son pôle guyanais.
« C’est une fierté pour la Guyane et pour le monde de la recherche, se félicite Rodolphe Alexandre. Cela montre le potentiel qui existe en Guyane. Après la réussite de Kourou comme pôle spatial, nous pourrons apporter au monde ce labex de la recherche sur la biodiversité. »
Le Ceba, qui devrait être lancé officiellement dans les mois qui viennent, permettra un travail transversal des laboratoires qui le composent avec des moyens supplémentaires. « C’est un défi difficile à relever, mais c’est stimulant de rompre l’isolement dans lequel se renferment parfois les organismes de recherche », estime Justin Daniel, viceprésident du conseil scientifique de l’UAG, pour qui ce labex n’est pas destiné « à répondre à des questions immédiates, mais à préparer l’avenir ».
Concrètement, il devrait permettre de mieux connaître la très riche biodiversité guyanaise et de mieux en utiliser les ressources. Il permettra aussi de faire évoluer les connaissances sur des thèmes tels que les maladies tropicales.
Si le Ceba fait appel à quelques laboratoires extérieurs, la grande majorité des partenaires se trouvent bien en Guyane, à l’image des labos Ecofog, Biogeco et Amap, ou du CNRS Guyane et de l’institut Pasteur. Des laboratoires pour qui faire partie d’un tel projet représente aussi une opportunité en termes de fonctionnement.
« Pour nous, ce sera un levier pour se rapprocher de nos tutelles afin de justifier des demandes de moyens supplémentaires, notamment humains », se réjouit Anne Corval, directrice du CNRS Guyane. « L’apport du labex sur la vie de notre laboratoire est considérable, renchérit Eric Marcon, directeur d’Ecofog, surtout pour financer des équipements pas forcément spécifiques mais utiles. »
Le Ceba, enfin, sera un argument de poids pour développer les filières scientifiques au pôle universitaire de Guyane, en partenariat avec les laboratoires qui y voient l’occasion d’attirer de nouveaux stagiaires, notamment en master.
- Dans le top 100.
Au total, 240 dossiers ont été déposés dans le cadre de l’appel à projets déposé par l’Etat. 100 dossiers ont été retenus pour recevoir le label « laboratoire d’excellence », dont celui présenté par le pôle universitaire de Guyane.
- Quatre domaines de recherche.
Le Ceba couvrira quatre domaines scientifiques : la biodiversité, la santé, l’écologie et l’environnement. Il s’organisera autour de six grands axes de recherche, qui vont de la biodécouverte à l’étude des services rendus par cette biodiversité à la société.
- Un partenariat large.
13 institutions sont partenaires du Ceba, dont sept structures d’enseignement supérieur et de recherche et six organismes ou institutions de recherche. Au total, onze équipes seront mises en place : quatre en Guyane, une aux Antilles et six en métropole. Elles représentent 150 personnes directement impliquées, dont 75 % se trouvent en Guyane.
- 1,6 million d’euros par an.
L’enveloppe décernée par l’Etat au Ceba n’a pas encore été déterminée. Le volume financier demandé est de 16 millions d’euros sur 10 ans, soit 1, 6 million d’euros par an. L’arbitrage est en cours.
- Un directeur sur place.
La gouvernance du Ceba sera assurée par un comité de direction composé d’un directeur obligatoirement basé en Guyane, d’un directeur scientifique et d’un représentant de chacun des partenaires.

La radio 100% Caraïbes

- Suivez-nous
-
-
-
-
-
-
S'inscrire aux newsletters