En vous réveillant ce matin (hier), quel a été votre sentiment ?
Un gros sentiment de soulagement, mais aussi d'avoir atteint un objectif qu'on s'était fixé depuis 2008. Hier soir (dimanche), j'étais satisfait mais pas spécialement surpris. Parce que je m'étais rendu compte de la volonté de changement de la population de Matoury. Attendez-vous une riposte, notamment sous la forme d'un recours, de la part de Jean-Pierre Roumillac ?
(Sans hésitation) Si quelqu'un doit se plaindre de ce faible écart (45 voix) et déposer un recours, c'est moi. Parce que j'ai régulièrement été diffamé pendant cette campagne par l'intermédiaire de tracts orduriers. J'ai introduit une citation directe pour diffamation auprès du tribunal administratif (la décision sera rendue le 11 avril). Nous voulions faire du respect une valeur cardinale de cette campagne et il n'a pas été question de se départir de cette valeur. Donc si quelqu'un a une raison de déposer un recours, c'est bien moi. Allez-vous poursuivre votre mandat de député ?
Il n'y a aucune ambiguïté dans mon esprit. Les mandats de maire et de député ne sont pas incompatibles. Le maire n'est pas un électron isolé. Autour de moi, il y a des femmes et des hommes compétents qui vont recevoir des délégations. Il y a des chefs de service et des salariés qui vont continuer à travailler. Nous avons la volonté de partager les responsabilités, à la différence du précédent maire qui concentrait les pouvoirs entre ses mains. Le cumul est loin d'être un handicap. Au contraire, ce peut être un avantage pour la municipalité. Envisagez-vous de briguer la présidence de la communauté d'agglomération ?
Non, être maire et député me suffit. Matoury est une commune centrale au sein de la CACL et nous avons un rôle essentiel à jouer, notamment dans le développement économique. Il faut également que la CACL réponde aux attentes des Matouriens. Comment envisagez-vous de travailler avec Jean-Victor Castor (MDES) ? De quelle délégation va-t-il hériter ?
Quand nous avons signé un accord avec la liste de Jean-Victor Castor (MDES/Walwari/Guyane Écologie), il a été évoqué que trois postes d'adjoints leur seraient donnés. Nous n'avons pas encore arrêté les délégations mais nous ferons ce qu'il faut pour que la répartition soit équitable et que chacun se sente bien. Pour ce qui est du travail en commun, je n'ai aucune inquiétude. Il y aura des points de divergence, mais nous n'avons pas d'opposition flagrante. Vous n'avez eu de cesse de dénoncer le « système Roumillac » . Avez-vous l'intention de rendre publics certains dossiers ?
Ce qui m'interesse, c'est la réconciliation. Tant au niveau de la population que du personnel administratif. Il n'est pas dans mes intentions d'aller dans le sens judiciaire. Ça ne grandirait ni la Guyane ni la classe politique. Et nous risquerions de perdre du temps. Or, je souhaite avancer. Allez-vous réorganiser les services municipaux ?
On ne peut pas y échapper. Il ne s'agit pas de tout chambouler mais sur la base de la confiance que nous a accordé la population, des ajustements seront nécessaires. Par exemple, il n'existe pas d'organigramme. Il faut que chacun connaisse sa place et ce qu'on attend de lui pour mieux s'épanouir. Ressentez-vous de l'anxiété face aux attentes des Matouriens ainsi qu'à l'ampleur de votre tâche ?
(Il marque une pause) Je ne sais pas s'il s'agit d'anxiété ou de prudence contenue. Je suis parfaitement conscient de l'ampleur de la tâche et des espoirs que nous avons fait naître. Mais nous n'allons pas faire de miracle. Tout ne sera pas réglé en trois mois. Il nous faudra du temps. Lundi prochain, après votre installation dans le fauteuil de maire (samedi), quelle sera votre première mesure ?
La première étape, ce sera la relation avec le personnel car c'est la pierre angulaire du fonctionnement de la mairie. Il doit être rassuré pour que nous puissions travailler dans les meilleures conditions. Ensuite, il y aura le vote du budget primitif avant le 30 avril. Nous devons donner des signes forts pour les six années à venir. Principalement sur l'éducation et l'accompagnement de la jeunesse. Pensez-vous à la collectivité unique ?
(Rires) J'y pense car je vais apporter ma contribution dans la campagne à mon parti, le PSG. Mais il n'est pas question que je sois tête de liste. Imaginez-vous Jean-Pierre Roumillac assis sur le banc de l'opposition ?
(Il sourit) Non, pas vraiment. Néanmoins, je souhaiterais qu'il soit présent dans l'opposition, comme nous l'étions. L'alternance est un principe démocratique, donc j'espère qu'il siégera dans l'opposition. Je le dis sans ironie : c'est une bonne expérience, ça permet de développer certaines qualités.
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