Sé timoun-yan ka anprann an kréyòl
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Sé timoun-yan ka anprann an kréyòl

Rosane FAYET
La faune et la flore locales, ils la connaissent par coeur dès le CP (RF)
La faune et la flore locales, ils la connaissent par coeur dès le CP (RF)

Les classes bilingues français-créole, qui existent depuis 2008, s'imposent naturellement aujourd'hui. Visite dans l'un des établissements pionniers : l'école Malacarnet.

« Mèrkrédi 4 désanm 2013. Léson ortograf. Ègzèrsis paj 48 » , affiche le tableau. Ce matin-là, place au créole dans la classe de CM2 de l'école Malacarnet, à Cayenne. La maîtresse a décidé de démarrer en créole. La fin de la matinée se conclura en français. Si cela les perturbe ? « Pas du tout » , répond-elle. Au contraire, cela les stimule à entendre l'enseignante d'à côté, Marie-George Robinson. « Tout peut se faire et s'expliquer en créole. Ça ne les trouble pas une seconde. » Les enseignantes ayant déjà eu en charge des classes traditionnelles constatent même que le niveau global de ces classes est meilleur. Elles sont cinq dans l'établissement à l'enseigner. « Sur les 372 élèves, près de 120 sont en classe bilingue, du CP au CM2 » , explique la directrice, Anne-Marie Lucea.
« Mo kontan palé kréyòl paské i pli fasil. Nou ka ékri sa nou ka tandé » , lance le petit Perrann, 9 ans. Marina, sa camarade, ajoute : « class bileng a byen paské nou ka anprann ékri kréyòl, chanté kréyòl, poézi kréyòl... » , montrant son cahier de poésies, le doigt pointé sur konpè agouti.
En charge des CM1, Marie-George explique : « On ne les oblige pas à parler une langue ou l'autre. » Pas besoin de les prier en effet... C'est naturellement que les petits jonglent entre les langues. La maîtresse de CE1 remarque que cela « facilite la communication avec les parents, bien souvent créolophones et parfois ne maîtrisant pas le français » .
Ils sont 528 élèves à travers le département inscrits dans ces classes. La classe de CM2 de l'école est la première génération de petits bilingues. C'est elle qui intégrera le premier cru de 6e français-créole au collège Auxence-Contout l'an prochain. Une classe bilingue, c'est aussi la transmission de la culture guyanaise. Pour Marie-George, enseigner le créole est une évidence. « Transmettre ce que je sais, ma culture qui a tendance à se perdre. Je trouve aussi que le créole permet de libérer la parole en classe. »
(Rosane Fayet)
(Rosane Fayet)

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