Avec l'insécurité grandissante, une cinquantaine de professeurs et agents se sont unis hier pour crier leur ras-le-bol (ASM)
Une cinquantaine d'enseignants et personnels dénoncent l'insécurité aux abords du collège Auxence Contout et du lycée Michotte à Cayenne.
Les deux établissements sont posés l'un contre l'autre, derrière le Jardin botanique. Le long parking qui les jouxte abrite habituellement des groupes de lycéens et collégiens mais hier midi, ce sont des enseignants et du personnel du lycée Michotte et du collège Contout qui y étaient rassemblés. Ils étaient une cinquantaine, tassés devant l'entrée de Michotte avec tous une même expression dans la bouche : « ras-le-bol de la violence! » Car ici, les exemples ne manquent pas. Et on ne parle pas d'incivilité, mais bien d'insécurité, de danger réel. D'ailleurs, les profs rencontrés acceptent de témoigner, mais anonymement, de peur de « représailles » . Une enseignante du collège évoque les bagarres et les agressions verbales « très grossières » à l'intérieur, mais surtout les nombreux règlements de compte sur le fameux parking. Elle n'hésite pas à parler de « combats » . Un autre raconte le cas d'un « jeune multirécidiviste » entré avec un sabre dans l'établissement et revenu le même jour avec une bombe lacrymogène. « C'est le même profil que celui qui a tué la pompiste de la Madeleine » (en janvier 2009), intervient Martine Nivoix, CPE de Michotte où le jeune meurtrier était scolarisé. Tous regrettent le manque de réaction des pouvoirs publics, notamment du rectorat qui ne ferait pas remonter ces informations au parquet malgré une convention signée entre les deux administrations.
« AVANT QU'IL NE SOIT TROP TARD »
Alors que nous parlons, un jeune, récemment exclu du collège pour violences, passe à vélo à quelques mètres. Il interpelle un prof présent avant de lui lancer, fier de lui : « enc... » . « Voilà, ça se passe comme ça! » commente le prof en haussant les épaules. Ici, certains jeunes ne craignent désormais plus grand-chose, pas même la police.
Et du coup, toutes les limites semblent avoir été dépassées. On évoque, pêle-mêle, les agressions au tournevis, « la bande des marteaux » , qui règle ses comptes à coup de marteaux, et même une « descente » de soixante jeunes en vélo venus en découdre. Souvent, il s'agit de bagarres entre bandes des quartiers. Et pendant que certains jouent les caïds, d'autres ont peur. « Nous devons parfois faire sortir des élèves par derrière en appelant leurs parents. Ils sont terrorisés » . « Avant qu'il ne soit trop tard » , les enseignants de Michotte et Contout réclament des mesures urgentes et une audience conjointe au préfet, au recteur et au procureur. Ils espèrent aussi mobiliser leurs confrères de toute la Guyane. Une réunion est prévue jeudi pour décider de la suite de la mobilisation.
(Arnaud Saint-Maxent)
•
Édition spéciale : Rétro 2025
Revivez toute l'actualité marquante de la Martinique
- Suivez-nous
-
-
-
-
-
-
S'inscrire aux newsletters