Le point central de cette réunion était les rythmes scolaires. Y a-t-il eu des annonces à ce niveau ?
Le point central, c'est la refondation de l'école, c’est-à-dire l'engagement politique d'un ministre et d'un chef de l'État à lutter contre la reproduction des inégalités. Les rythmes scolaires font partie de tout cela mais comme l'est aussi la question de la formation des cadres du système éducatif guyanais. Les rythmes scolaires sont un point fondamental qui touche aussi à la restauration, à la collation, à l'hébergement, au transport scolaire. Donc ce sont des questions fondamentales pour les maires parce que derrière, il y a à la fois des aspects d'encadrement qualitatif mais aussi d'énormes questions financières sur l'accompagnement. Nous avons répondu sur la plupart de ces dossiers. Sur les rythmes scolaires, il est proposé un assouplissement. Notre fonction à nous, c'est d'accompagner les maires dans cette démarche-là. C'est la qualité du projet éducatif qui va primer dans l'accompagnement qu'on leur propose. L'État les accompagne aussi financièrement. Et sur la question de la restauration/collation, on a trouvé avec la caisse nationale d'allocations familiales et avec le ministère des Outre-mers, les conditions du financement dans son intégralité de cette expérimentation "collation/restauration au premier degré".
En ce qui concerne l'assouplissement, ce sera donc une étude au cas par cas en fonction des communes ?
Exactement, c'est une étude au cas par cas. Il ne revient pas au recteur de dire aux maires ce qu'ils doivent faire. Il incombe au ministre de définir l'organisation nationale du temps scolaire. Cinq matinées par semaine pour les écoliers, nous savons que c'est beaucoup mieux en terme de performance et en terme de lutte contre les inégalités. À partir de là, les services du rectorat évaluent la qualité des projets qui nous sont proposés.
Cette réforme ne s'est-elle pas faîte trop vite par rapport aux réalités de la Guyane ?
J'ai pour habitude de regarder l'avenir. Il y a eu une véritable prise de conscience car cela fait 25 ans que l'on dit que les rythmes tels qu'ils sont proposés ne sont pas adaptés aux enfants et notamment à ceux qui sont les plus en souffrance dans le système éducatif, ceux que l'on exclut, ceux qui sont en échec scolaire. Aujourd'hui, nous entrons dans la deuxième année de la réforme. L'assouplissement est permis et j'ai répondu favorablement aux communes qui trouvaient que septembre était encore trop tôt et qui voulaient attendre janvier. La réalité de la Guyane, c'est aussi qu'entre le littoral et l'intérieur, il y a des sensibilités différentes, des problèmes de déplacements… tout cela doit être pris en compte. Et qui mieux qu'un maire peut le prendre en compte ? Pas le recteur.
Pour être concret, à quel moment les parents connaîtront précisément les horaires de leurs enfants pour la rentrée prochaine ?
Les dossiers nous sont remontés la semaine dernière. Cette semaine, les équipes sont déjà dans l'évaluation. Donc pour la fin du mois de juin ou au plus tard les premiers jours de juillet, les maires auront eu les réponses. Nous ne communiquerons pas là-dessus, nous laisserons les maires communiquer.
Vous avez également évoqué les constructions scolaires. Après le plan de 330 millions promis par l'État pour les collèges et lycées, où en est-on pour le primaire ?
Un des objectifs de cette réunion était de dénombrer les besoins des communes. Face au tsunami démographique, il nous faut faire preuve d'anticipation et accompagner les maires dans les constructions et les coûts. Qui mieux qu'un maire connaît son foncier ? Néanmoins, sur les recherches de financement, sur les questions de recherche et de validation, il nous faut passer la vitesse supérieure. Ces réunions ont pour vocation de se reproduire semestriellement. Le but est aussi de tisser des contacts entre les différents services techniques et les municipalités.
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