[EDITO] Quelle mouche a donc piqué le recteur ?
Cette semaine, le recteur de l'académie de Guyane s'est retrouvé au cœur d'une grève du corps enseignant. Si le mouvement a été suspendu le jour même après la signature d'un protocole d'accord, Philippe Dulbecco s'est fendu d'un communiqué coléreux contre notre journal. La manière dont nous avons couvert le conflit semble lui avoir déplu.
Revenons sur les faits : mardi 5 décembre, les syndicats enseignants appelaient à la grève et bloquaient le rectorat. France-Guyane a naturellement couvert cet événement.
Sur place, notre correspondante a pu échanger avec les syndicats, ainsi qu'avec les membres du cabinet du recteur. En début d'après-midi, des sources syndicales lui révèlent qu'un accord avait été trouvé et que le protocole serait signé dans l'après-midi. Après vérification, nous publions l'information sur notre site internet.
Inédit et inadmissible
Lors de la signature du protocole, notre correspondante a ensuite été expulsée de la salle par la chargée de communication du rectorat avec des termes sans équivoque : « C'est vous la dame de France-Guyane ? Vous sortez. Il n'y a que Guyane La 1ère qui est autorisée, » entre autres. Nous privant ainsi de pouvoir donner la parole au recteur sur le sujet. Il s'agit là d'une atteinte grave au droit de la presse.
Le recteur et son équipe se permettent de choisir quel média a le droit d'assister à la signature d'un protocole d'accord. C'est inédit et inadmissible.
S'ensuit un courriel du cabinet du recteur indiquant que notre article « comporte beaucoup de fausses informations et a été publié avant la signature du protocole. Nous vous demandons de modifier ce qui a été écrit ce n'est pas bon. »
1. L'article publié avant signature du protocole indiquait qu'un accord avait été trouvé et que le protocole serait signé dans l'après-midi. Pas d'erreur.
2. Aucune précision n'est donnée sur les « fausses informations » que le rectorat nous demande de corriger.
Nous demandons alors des précisions, sans obtenir de retour. La seule réponse de Philippe Dulbecco sera un communiqué public dans lequel il « dément avec la plus grande fermeté l'article mensonger et indigne publié ce jour sur le média France-Guyane. Le contenu de cet article est factuellement inexact et calomnieux envers la gouvernance académique... »
De nouveau, nous tentons d'obtenir des précisions sur les informations « inexactes et calomnieuses » que contiendrait notre article, en vain.
Que faut-il comprendre ?
Notre intérêt est, bien entendu, de fournir à nos lecteurs une information fiable. Nous sommes donc disposés à corriger toute information erronée, à condition que cette erreur soit spécifiée...
Que faut-il comprendre ? Que nous vaut une telle véhémence ? Non seulement, M. le recteur, par le biais de son cabinet, discrédite notre média, mais il se permet également de nous expulser d'un lieu de reportage simplement parce que notre article ne lui a pas plu...
Quelle sera la prochaine étape ? De telles pratiques auraient-elles été tolérées sur la Côte d'Azur, où M. Dulbecco était en poste avant d'arriver en Guyane, ou bien sont-elles propres à la Guyane ? L'avenir nous le dira certainement...

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