Ils n'étaient qu'une cinquantaine hier dans les rues de Cayenne à manifester en faveur de mesures fortes pour l'éducation alors qu'ils étaient 300 le mois dernier (ASM)
La grève dans l'éducation nationale a été plutôt bien suivie hier, même si les manifestations n'ont pas mobilisé. L'État accordera plus de 300 millions d'euros pour la construction de collèges et de lycées.
.C'était une grande crainte de l'inter-syndicale, la manifestation d'hier n'a pas vraiment mobilisé. Seule une cinquantaine de personnes ont défilé hier dans les rues de Cayenne pour rappeler les revendications scandées un mois plus tôt, le 15 avril : un plan d'urgence pour les constructions scolaires et le classement de l'académie en REP + (pour réseau éducation prioritaire +). De même, à Kourou et à Saint-Laurent, les rassemblements n'ont attiré qu'une trentaine de personnes.
330 MILLIONS POUR LE SECONDAIRE
Ces chiffres contrastent avec les taux de grévistes qui auraient atteint, selon les syndicats, 30% à Kourou et Saint-Laurent et près de 40% sur l'île de Cayenne. « Il faut arrêter de se mentir. On a environ un millier d'enseignants en grève, mais ils ne sont pas venus manifester. Cela nous pose problème. Nous n'avons pas non-plus réussi à faire le lien avec les parents d'élèves qui ne se sont pas mobilisés » , reconnaissait Bruno Niederkorn du Steg-UTG.
Si les mines étaient peu souriantes dans le cortège, elles l'étaient en revanche beaucoup plus à la sortie de la réunion qui s'est tenue en préfecture à l'issue de la manifestation. « L'État nous propose plus que ce qu'on demandait » , déclarait Christophe Bouchy, de la FSU, en sortant de cette rencontre avec le préfet et le recteur. Et ce n'était pas de l'ironie.
Alors que l'intersyndicale réclamait il y a un mois un plan de 330 millions d'euros pour les constructions scolaires sur 10 ans, l'État propose la même somme uniquement pour les collèges et lycées dans le cadre du plan Etat-région pour 2015-2020, donc sur cinq ans.
Pour le premier degré, en revanche, rien n'est acté. Les rencontres avec les maires sont en cours pour élaborer un programme de construction qui sera ajouté au plan Etat-région. « Cela a été possible car nous étions nombreux dans la rue le 15 avril » , estime Didier Dorlipo du SE-Unsa. « Ces annonces sont légitimes, mais le combat n'est pas terminé, c'est une mobilisation qui s'inscrit dans le temps. »
Les annonces ont été jugées positives après la rencontre en préfecture. De gauche à droite : Bruno Niederkorn (Steg-UTG), Didier Dorlipo (SE-Unsa) et Christophe Bouchy (FSU) (ASM)
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LA LUTTE CONTINUE
La mobilisation se poursuivra notamment autour de la revendication du classement de l'académie en REP +.
Pour la rentrée 2014, le ministre reste campé sur ses positions et seuls quatre collèges de Guyane auront droit à ce classement. Mais une extension progressive en 2015 et 2016 aurait été promise au recteur qui soutient la position des syndicats sur ce point. Comme le préfet, le patron de l'académie est soumis au devoir de réserve en raison des élections européennes.
Mais selon certaines indiscrétions, il se serait « fait taper sur les doigts pour avoir défendu la Guyane face au ministère » . L'intersyndicale aurait donc trouvé un allié de poids. Elle compte bien en trouver d'autres. « Maintenant, nous allons faire du lobbying auprès des élus, des parlementaires, des présidents de Région et de Département. Nous allons les sensibiliser et leur dire de monter au créneau » , conclut Bruno Niederkorn.
Et aussi... un mouvement national très discret
Un autre appel à la grève, national celui-ci, avait été déposé pour la journée d'hier. Il concernait cette fois l'ensemble de la fonction publique autour de revendications telles que le dégel du point d'indice, l'augmentation des salaires, de meilleures conditions de travail, des créations d'emplois et des moyens pour un service public de qualité. Ce mouvement a été assez peu suivi chez nous où les agents du service départemental d'incendie et de secours (Sdis) ont notamment débrayé durant une heure en matinée. Dans les rues, l'appel à la manifestation n'a pas été suivi au grand désarroi de Lucie Blézes, de la CDTG/CFDT : « On a un manque de ressources et d'investissement dans la santé, l'éducation, la sécurité... Tous ces segments sont en souffrance. L'exemple de la fermeture de la Caf est un scandale, cela montre que la Guyane est sous-dotée. » Responsable du segment territorial au sein de la CDTG, la syndicaliste reproche notamment aux élus locaux de ne pas monter au créneau sur ce sujet.
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