Des anciens grévistes ont empêché Anne Corval de réunir le conseil consultatif de pôle, hier (ASM)
Faire capoter l'UAG avant qu'elle ne fasse capoter l'université de Guyane. C'est la menace lancée hier par les ex-grévistes du Pôle universitaire guyanais (Pug) qui ont empêché la tenue d'une réunion initiée par l'administratrice provisoire.
.C'est au cri de « Respect du protocole! » scandé par une quarantaine de syndicalistes et étudiants qu'Anne Corval a été accueillie hier après-midi dans le hall de l'ESPE (ex-IUFM), au pôle universitaire. L'administratrice provisoire avait convoqué le conseil consultatif de pôle (CCP) pour 15 h 30, ce qui a provoqué la colère de l'intersyndicale, pourtant elle aussi invitée à une rencontre à 17 h 30.
À l'ordre du jour de ces deux réunions : la mise en place du directoire prévu dans le protocole de fin de conflit du 11 novembre. Mais pour les anciens grévistes, hors de question que le CCP ne donne son avis sur le sujet, des membres de « l'ancienne gouvernance » y siégeant toujours aux côtés de représentants des collectivités et d'organismes extérieurs tels que le Cnes.
FRONT UNI CONTRE LA MARTINIQUE
Car ce qui oppose aujourd'hui Anne Corval aux anciens grévistes, c'est bien la présence de ces membres au sein des instances consultatives et de décision du Pug. Ce qui coince aussi, c'est la définition de la mission exacte de l'administratrice et l'autorité à laquelle elle doit rendre des comptes, « uniquement la ministre » pour l'intersyndicale. Anne Corval, elle, tient à respecter certaines dispositions légales qui régissent l'UAG comme n'importe quelle autre université. Ce qui fait dire à Gérard Police, membre de l'intersyndicale, qu'elle pêche par « excès de juridisme » .
« Si c'est ma démission que vous voulez, vous l'aurez » , finit par lancer l'administratrice provisoire dans l'énervement général.
Laurent Linguet, porte-parole des ex-grévistes, tente alors de calmer le jeu en proposant une réunion improvisée rassemblant les membres du CCP présents, tels que Jocelyn Ho-Tin-Noé pour la Région et Alex Weimert pour la ville de Cayenne, et des représentants des étudiants et syndicats. Proposition rejetée par l'administratrice qui refuse de prendre quelle que décision que ce soit « sous la pression » . Finalement, Ho Tin Noé et Weimert acceptent de s'entretenir avec les universitaires et étudiants. Après une heure d'échanges fermes mais courtois, tous s'accordent sur la nécessité impérieuse de présenter un front uni « face à la Martinique qui veut faire capoter notre projet d'université » , selon les termes d'Alex Weimert.
Il est donc décidé qu'aucun Guyanais ne se déplacerait au conseil d'administration de l'UAG, prévu le 16 décembre en Guadeloupe, afin d'en bloquer le fonctionnement. Le même jour, le conseil national de l'enseignement supérieur doit se réunir à Paris. L'intersyndicale compte interpeller les parlementaires guyanais pour qu'ils fassent pression sur ce conseil afin que la création de l'université de plein exercice soit inscrite à l'ordre du jour de cette réunion, point de départ de la rédaction du décret tant attendu.
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