Le Snuipp-FSU rendait public, hier, une enquête réalisée auprès des enseignants sur les nouveaux rythmes scolaires.
Rejetant le rapport d'étape du comité de suivi national des rythmes scolaires, qui s'est prononcé positivement sur la réforme, le Snuipp-FSU a lancé sa propre enquête sur le sujet, au niveau national et local. Du 20 janvier au 10 février, les enseignants des communes concernées (1) pouvaient répondre à un questionnaire en ligne.
En Guyane, 30% l'ont fait. Le syndicat explique ce faible taux de remontée par « les problèmes du numérique en Guyane » . Premier constat : 71% des sondés affirment que la réforme a été mise en place malgré l'avis négatif des conseils d'école. Pour Alexandre Dechavanne, co-secrétaire départemental du Snuipp, les communes se seraient décidées tardivement, après l'annonce du ministre d'une aide, de 90 euros par élève, à celles qui se lanceraient dès 2013. Conséquence selon le syndicat : les enseignants n'ont pas pu été formés à « la reprogrammation des apprentissages » , soit l'adaptation des journées aux nouveaux rythmes, alors que la majorité l'ont été au niveau national.
UNE RÉFORME « PAS ADAPTÉE AU CONTEXTE GUYANAIS »
Plus globalement, les résultats de l'enquête s'avèrent peu flatteurs pour la réforme. Les conditions d'apprentissage, le climat scolaire, l'organisation de la journée ou encore les possibilités de travail en équipe seraient « plus insatisfaisantes » qu'avant la réforme. Les conditions de travail des enseignants se seraient donc dégradées ainsi que les conditions d'apprentissage des élèves qui, eux, seraient plus fatigués. Le syndicat alerte d'ailleurs sur un absentéisme grandissant l'après-midi et le mercredi matin.
Le Snuipp en arrive à deux conclusions principales. De manière générale, il estime la réforme mal pensée. Le syndicat préconise d'ailleurs le samedi matin plutôt que le mercredi matin pour permettre une vraie coupure dans la semaine.
Mais surtout, il affirme que la réforme n'est pas adaptée au contexte guyanais. Et là, les exemples s'imposent d'eux-mêmes : pas de cantine scolaire dans plusieurs communes, des impératifs de transports en particulier sur les fleuves ou le manque de moyens des municipalités pour financer le périscolaire. Alors que toutes les communes devront passer aux nouveaux rythmes scolaires en septembre 2014, le Snuipp-FSU réclame donc une dérogation « pour toute la Guyane » .
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