Le cétacé a été retrouvé mercredi, amputé de ses muscles dorsaux et d'un oeil (DR)
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Un dauphin de Guyane a été retrouvé mercredi sur la plage de Sainte-Dominique, à Montjoly. Si deux échouages de cette espèce ont déjà été observés l'an passé, les scientifiques sont surpris par l'état du cadavre, victime d'une boucherie.
Le cadavre d'un dauphin de Guyane (Sotalia guianensis) a été trouvé sur la plage de Sainte-Dominique à Montjoly, mercredi. Fait rare, mais déjà vécu l'an dernier, « cette fois le cas est plus grave » , voire inédit en Guyane, s'étonnent les scientifiques du réseau WWF Guyane. Le dauphin a été découpé, entièrement amputé de ses deux muscles dorsaux et d'un oeil.
L'espèce, encore très peu connue ici, fait précisément l'objet d'une étude par le WWF, visant dans un premier temps à recenser sa population (ils seraient a priori 2 000). Avertis par un promeneur, les scientifiques ont pu y effectuer quelques prélèvements sur place. Parmi eux, Shirley Aurélien, assistante au programme de recherche sur les dauphins : « Il porte des marques de filets mais on pense qu'il ne s'agit pas simplement d'une capture accidentelle... »
DES FINS RITUELLES ?
L'équipe avance plusieurs hypothèses. « La bibliographie rapporte des faits similaires au Brésil » , soulève Laurent Kelle, responsable du bureau WWF Guyane. Des pratiques qui pourraient aussi bien être destinées à des rites (au vu du prélèvement d'un oeil) comme à l'alimentation. Ce type d'acte est aussi pratiqué « en Méditerranée pour en faire des fins d'appâts » , ajoute Laurent Kelle. Le cadavre du cétacé a été signalé au service mixte de police de l'environnement qui se chargera des suites à donner à l'affaire.
Les captures accidentelles sont identifiées comme la principale menace pensant sur l'espèce ; sur la côte brésilienne, c'est la pollution industrielle qui a raison du dauphin de Guyane. Une espèce d'autant plus rare, qu'il a été découvert par une équipe allemande que le mammifère possède un sixième sens, non identifié chez d'autres types de dauphins. Il peut ainsi détecter les petits champs électriques émis par des proies potentielles.
En cas d'échouage, contacter WWF au 05 94 31 38 28 ou l'association Kwata au 05 94 25 43 31.
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