« La lutte contre le décrochage scolaire, qui est un des enjeux majeurs proposés à notre société, apparaît parfois comme un mille-feuilles d'initiatives qui manquent de cohérence. Ce sujet préoccupe légitimement beaucoup d'acteurs sociaux mais les divise aussi parfois pour ce qui concerne les stratégies de remédiation. » Le constat semble général. Le besoin de maillage, de travail en réseau, en partenariat, a été relevé par l'ensemble des participants à la réflexion. Si les initiatives personnelles, à l'instar de ce qu'a décrit le proviseur du lycée Gaston Monerville, Stéphane Czyba, sont plus qu'intéressantes (voir encadré), il apparaît difficile de mettre en place cette fameuse co-éducation que chacun appelle de ses voeux, comme le résumait très bien Nadia Tijus Mac Lorin, la principale du collège Omeba Tobo : « Il s'agit, aujourd'hui, de faire le lien entre le jeune dans sa famille, le jeune au sein de l'établissement scolaire et le jeune dans son quartier. Un jeune qui sait changer d'attitude selon le contexte dans lequel il se situe. » Les subtilités entre le réseau Foquale pour FOrmation, QUALification, Emploi, chargé de repérer et de signaler le décrochage scolaire et sa plateforme, dont la vocation est l'insertion des jeunes « déjà décrocheurs » paraissait bien opaque aux néophytes. Ceux-là trouvaient, sur ce sujet, la confirmation du manque de coordination des dispositifs. D'où le rôle prépondérant des associations du type de l'Akatij. Ce dont convenaient tous les professionnels de l'encadrement de l'Éducation National qui disaient « être à la recherche de tous les partenaires associatifs efficaces. » Mais, la question essentielle relevée par Annie Roger, la principale du collège Henri Agarande, lorsqu'elle abordait le problème de l'échec scolaire, est bien : « À quoi sert l'école dans notre société ? » Et au-delà « Quelle école pour nos enfants d'ici ? » Lutter contre le décrochage scolaire
Stéphane Csyba, proviseur, a décrit les deux dispositifs principaux qu'il utilise dans son établissement .« Nous avons d'abord mis en place une cellule de veille composée des conseillers principaux d'éducation, de l'assistante sociale, de l'infirmière, de la conseillère d'orientation psychologue et de l'équipe de direction au sein de laquelle nous sont signalés les premiers signes du décrochage scolaire : les retards nombreux, l'absentéisme ou la baisse des résultats scolaires. Cela nous permet immédiatement de proposer un suivi des élèves repérés. Ainsi, sur l'année dernière, sur 76 élèves désignés, seulement 15% ont totalement décrochés, 2% ont changé de lycée ou opté pour l'enseignement à distance, 33% sont restés dans l'établissement tout en étant considérés comme « fragiles » et 50% ont surmontés leurs difficultés. Lorsque je suis arrivé en 2010, 20% des élèves redoublaient leur seconde pour un bénéfice quasiment nul. Par ailleurs, afin de remédier à l'échec scolaire en seconde, nous avons placé les heures de mathématiques au même moment pour tout le monde. Ce qui nous permet de mobiliser plus de professeurs, d'alléger les effectifs des groupes et de proposer des enseignements adaptés aux compétences des élèves. »
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