60 000 références, des ordinateurs tout neuf et un accès performant à internet, la nouvelle bibliothèque semble plaire aux étudiants (JA)
Une semaine après sa réouverture, suite à cinq semaines de grève, les étudiants retrouvent le campus de Troubiran, sa nouvelle bibliothèque... et ses nombreuses promesses.
.L'ambiance est studieuse, presque feutrée malgré la grande clarté qui règne dans le bâtiment en ce lundi matin. Répartis sur deux étages, une cinquantaine d'étudiants pianotent sur les claviers de leurs ordinateurs ou circulent à pas de loup dans les rayons. Nous sommes dans la toute nouvelle bibliothèque universitaire (BU) du campus de Troubiran à Cayenne. Le bâtiment flambant neuf a ouvert ses portes le 23 octobre, en pleine grève sur le pôle universitaire guyanais (Pug), mais ce n'est que depuis une semaine, avec la réouverture du campus, que les étudiants en prennent possession. « Elle est vraiment mieux qu'avant, plus spacieuse et il y a plus de choix » , se réjouit Mary, en deuxième année de licence.
Cette BU faisait partie des premières revendications des étudiants. Autant dire qu'elle est un symbole, même si son ouverture était déjà programmée avant le conflit. « La commission de sécurité était prévue en octobre, la grève a peut-être accéléré l'ouverture » , avance Didier Moullet, directeur de la BU, qui se lance, avec un enthousiasme non dissimulé, dans un argumentaire : 60 000 documents, un accès internet facilité et performant, de nombreux ordinateurs à disposition, un système de prêt simplifié... « Cette bibliothèque est très moderne, très agréable » , confirme Grégory, en première année de droit. Comme beaucoup d'autres croisés hier sur le campus, le jeune homme trouve que la situation s'est améliorée suite à la grève, « mais on attend encore beaucoup comme la cafétéria et les logements » .
LES EX-GRÉVISTES VEILLENT AU GRAIN
Restauration, logements, mais aussi transports, sécurité, salles de travaux pratiques... Au total dix points concernant la vie étudiante sont répertoriés dans le protocole de fin de conflit. Et le collectif étudiant veille à ce que les promesses soient tenues. Constitué au début de la grève, il n'a pas disparu avec la fin du mouvement. Ce lundi, ils sont d'ailleurs nombreux à arborer le tee-shirt rouge, symbole de leur contestation. « Nous avons décidé de le porter chaque lundi » , expliquent-ils. Une manière de rappeler qu'ils veillent au grain. « Depuis la reprise des cours, nous faisons le tour du campus pour voir si tout est bien en place » , explique Roxane.
Pour l'heure, le constat est plutôt positif : la bibliothèque fonctionne, la climatisation aussi et le tarif étudiant a bien été mis en place pour les transports (150 euros par an). Certains évoquent même du papier dans les toilettes! Quant aux livraisons de repas chauds, elles débutent comme prévu. D'ailleurs, il est midi et il est temps pour eux de tester cette nouvelle formule. Ils sont une trentaine à avoir réservé leur repas pour 3,50 euros. Au menu : coquillettes et boeuf bourguignon.
Avant de se mettre à table, un dernier point sur ce qu'il reste à faire : vérifier que les travaux ont bien été réalisés sur le campus Saint-Denis, que la sécurité y est assurée et que le transport fonctionne entre les deux sites. Il faudra aussi se pencher sur l'autonomie du sport universitaire et suivre de près la construction de nouveaux logements. L'après grève se présente chargé pour ces étudiants qui doivent en même temps rattraper le temps perdu. Mais le jeu en vaut la chandelle à en croire Carla pour qui la grève a changé le visage du Pug : « Avant, on ne faisait que se croiser, on était comme des zombies. Maintenant, l'université est vivante. »
Figure du collectif étudiant, Carla veille à ce que les promesses soient tenues, comme la livraison de repas chauds.
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La LPPE, c'est parti!
C'est un peu de là qu'est né le mouvement. Dès juillet, des étudiants protestaient contre la possible fermeture de la Licence professionnelle protection de l'environnement, la LPPE. Durant le conflit, ils ont reçu la promesse qu'elle serait ouverte dès la mi-octobre. Il a finalement fallu attendre la fin du conflit et le premier cours a eu lieu jeudi dernier, avec quatorze étudiants. « Nous étions tous très impatients » , racontent Séverine et Jessica. « La reprise a été un peu bizarre, tout le monde était soulagé et surtout motivé. » Pour rattraper le temps perdu, le planning a été décalé et les stages de fin d'année débuteront un mois plus tard que prévu.
(JA)
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