La confiance se réinstalle à Paul-Kapel
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La confiance se réinstalle à Paul-Kapel

A. S.-M.
Une soixantaine de manifestants s'étaient rassemblés hier matin devant le collège Paul-Kapel (ASM)
Une soixantaine de manifestants s'étaient rassemblés hier matin devant le collège Paul-Kapel (ASM)

Les cours reprennent aujourd'hui au collège Paul-Kapel après une rencontre hier entre les enseignants et le recteur.

« Nous avons été rassurés sur les informations concernant l'enquête et nous avons aussi décidé que nous pouvions faire confiance au recteur. » Membre de la délégation qui a rencontré le numéro 1 de l'académie hier, Vanessa Bondaz, professeur de mathématique au collège Paul Kapel, semble satisfaite de l'échange. Après plus d'une heure et demie de discussion avec le recteur Philippe Lacombe, elle estime avoir été entendue et comprise. Surtout, la délégation est plutôt satisfaite des réponses apportées. Elle a décidé, dans l'après-midi, de mettre fin au droit de retrait exercé par les enseignants depuis le 1er avril, suite au coup de feu qui avait blessé un de leur collègue à la tête.
« Nous avons demandé le classement de l'établissement en REP + (Réseau éducation prioritaire + ndlr) et la nomination d'un troisième conseiller principal d'éducation (CPE) » , explique Vanessa Bondaz. À ces deux revendications, la délégation n'a pas obtenu d'accord mais des réponses jugées tout de même satisfaisantes. Plutôt qu'un CPE, Philippe Lacombe a proposé la nomination d'un APS, un assistant de prévention et de sécurité. « C'est une personne qui travaille les questions de sécurité en partenariat avec les forces de police, explique le recteur. Il me semble que c'est un moyen beaucoup plus pertinent, plus adapté que la demande d'un troisième CPE. » La proposition doit être étudiée par les enseignants et la direction du collège qui doivent à leur tour soumettre une proposition au rectorat d'ici quelques jours.
VERS UNE ACADÉMIE PRIORITAIRE ?
Concernant le classement du collège en REP + Philippe Lacombe va plus loin que les enseignants. « Je pense que l'exigence d'ambition pour la Guyane fait plaider le rectorat en faveur d'une académie de Guyane en REP +. » Autrement dit, il demande le placement de l'ensemble des établissements guyanais en éducation prioritaire. Cette demande fait aussi partie des revendications de l'intersyndicale qui avait appelé à un rassemblement hier matin devant le rectorat puis devant le collège Kapel. Une soixantaine d'enseignants du collège et de responsables syndicaux avaient répondu présents. Dans l'ensemble, ils ont pris acte de la position du recteur avec plus ou moins de confiance mais avec un constat partagé, celui d'avoir l'impression d'obtenir enfin une écoute de qualité à la tête de l'académie.
Appel à la grève pour mardi dans l'éducation
Une intersyndicale d'enseignants et personnels de l'éducation appelle à la grève pour mardi. Elle veut mettre l'accent sur deux grandes revendications : les constructions scolaires et le placement de l'ensemble de l'académie en REP +. Une manifestation est organisée dès 7h30 à Cayenne entre le campus Saint-Denis et la préfecture.
À Kourou, un rassemblement aura lieu à 8 heures devant le collège Omeba Tobo.
Professeur blessé par balle : un dépôt de plainte contre le rectorat
Jean-André Boutin, le professeur blessé par balle à la nuque la semaine dernière au collège Paul-Kapel, a déposé une plainte hier pour non-assistance à personne en danger contre le rectorat. De son côté la police, qui cherche toujours le tireur, a obtenu quelques éléments des balisticiens qui sont venus lundi (notre édition de mardi). La balle serait de calibre 9 mm (le calibre de la police et de la gendarmerie) et aurait été tirée par une arme de poing. La cartouche aurait parcouru une distance « entre 50 et 1000 mètres » . Une estimation large et vague. En réalité, les deux gendarmes sont repartis à Paris avec des fiches de calcul, des mesures, des croquis et la fameuse balle extraite de la tête du professeur. Tout va être analysé et le rapport sera transmis dans les semaines à venir. Deux conclusions s'imposent déjà : Jean-André Boutin a eu beaucoup de chance car la balle aurait pu le tuer et le tir provenait de l'extérieur de l'enceinte du collège. S. R.
Des collégiennes témoignent
Elles sont trois, une est en troisième et les deux autres en cinquième au collège Paul-Kapel. Hier matin, face aux manifestants qui attendaient devant le collège, elles se voulaient solidaires.
Ici, il y a beaucoup trop de violence, surtout à l'extérieur. » L'une d'elle, portable prêt à dégainer, raconte : « Ma mère a vraiment peur, elle m'appelle toutes les deux minutes pour savoir si tout se passe bien. Mon petit frère, qui est en sixième, a peur de venir. » Une autre poursuit : « A la sortie, il y a toujours des voyous qui traînent, des grands et des petits. Certains sont des anciens du collège qui ont été virés. Moi, je me suis fait braquer ma chaîne et ma médaille. » belon elles, ces « voyous » se posteraient toujours derrière le même bosquet, à quelques pas de la sortie du collège. Mais le coup de feu qui a blessé leur professeur de techno ? Évidemment, elles n'accusent personne, mais elles ne peuvent dissocier ce coup de feu à l'insécurité chronique ressenti aux abords de rétablissement.
Pour elles, tout est lié même si elles doutent que le prof ait été directement visé : « C'est un prof très aimé, il est très sympa. » Alors quelle solution ? La police ? « C'est bien qu'ils tournent dans le quartier à la sortie. » Mais leur préférence va ailleurs : « On veut de la vidéosurveillance. »

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