Débrayage à l'Université de Guyane sur fond de déficit budgétaire et de réduction de postes
Une trentaine de personnes s'est rassemblée devant le bâtiment administratif de l'université ce matin à l'appel d'une intersyndicale. Un autre syndicat s'oppose au "blocage de l'Université"
Plus de trente personnes ont manifesté pendant une heure ce 3 mars devant le bâtiment administratif de l'Université de Guyane (UG). Le débrayage était mené par FSU, Unsa éducation et l'Unef. L'intersyndicale dénonce "une crise sans précédent" à l'Université. "Entre austérité budgétaire, management toxique et mépris du personnel, l'avenir de notre institution est menacé", clame l'intersyndicale.
Elle dénonce en partie ce que France-Guyane relevait dans un article publié en janvier. Le tract déplore le non-renouvellement de 10 à 15 postes pour réaliser une économie de 500 000 euros sur la masse salariale. Ces coupes sont causées par un déficit prévisionnel qui atteint 3,9 millions d'euros en 2026, soit plus de 10 % du budget. Les manifestants accusent un "pilotage toxique", un "harcèlement institutionnel" et un "turnover généralisé" depuis de nombreux mois dans les services. Un "maintien de tous les postes CDD" et une "transparence totale sur les chiffres du budget" sont demandés par l'intersyndicale. Elle affirme enfin que "cette crise financière touche la qualité des diplômes."
Un autre tract dit "non au blocage de l'Université"
Ce débrayage se déroule à la suite d'une assemblée générale qui s'est déroulée le 26 février à l'UG. La temporalité n'est pas anodine non plus puisque l'Inspection générale de l'enseignement supérieur mène toute la semaine des auditions avec de nombreux personnels de l'UG.
Sollicité, le président de l'Université de Guyane n'a pas souhaité s'exprimer sur la situation. Un autre tract diffusé par le syndicat SupRecherche Unsa s'exprime en réponse à l'appel au rassemblement pour dire "Non au blocage de l'Université" et revendiquer, entre autres, le droit de "suivre des cours normalement." Ce même tract se joint à certaines revendications de l'intersyndicale pour dire "oui à l'amélioration des conditions d'études et des moyens de travail à l'UG." Il note le besoin d'un "rattrapage urgent du taux d'encadrement pédagogique et administratif" ; la création en Guyane d'un Crous autonome "à la hauteur des enjeux du territoire" ou encore la nécessité d'un "financement public massif." Il souligne enfin que "les difficultés de l'UG proviennent d'une insuffisance criante de moyens alloués par l'État."
Un CSA la semaine prochaine
L'intersyndicale, qui appelait ce mardi au débrayage, dénonce un "syndicat qui diffuse les idées du président" et "dont on entendait plus parler depuis des années". Elle souligne que le président de l'Université de Guyane, Laurent Linguet était le correspondant de ce syndicat jusqu'en 2019. Cette information se vérifie en ligne.
Tous les cours ont repris après l'heure de débrayage à 8 h 30. Les différentes parties auront l'opportunité d'échanger sur les revendications la semaine prochaine au cours d'un CSA (Comité social d'administration).
Rappelons que 2026 est une année élective à l'Université de Guyane.

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