Chikungunya : point de départ d'une épidémie « américaine » ?
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Chikungunya : point de départ d'une épidémie « américaine » ?

Les chercheurs d'Aix-en-Provence veulent évaluer le risque d'épidémie en Amérique du Nord mais aussi en Europe du sud.
Les chercheurs d'Aix-en-Provence veulent évaluer le risque d'épidémie en Amérique du Nord mais aussi en Europe du sud.

Les cas de chikungunya recensés aux Antilles puis en Guyane sont dus à un virus de souche asiatique. Il existe un « risque extrêmement élevé » de transmission aux États-Unis, annonce un spécialiste français.

« La situation est potentiellement explosive avec une souche bien adaptée » au moustique de l'espèce Aedes aegypti qui est très répandu sur le continent américain, explique le Pr Xavier de Lamballerie, directeur de l'unité Emergence des pathologies virales à l'université d'Aix-Marseille. « Il existe un risque extrêmement élevé que la souche envahisse les USA et différents pays des Amériques où ce vecteur (le moustique Aedes aegypti, ndlr) est endémique » , affirme-t-il.
Le chikungunya est une maladie virale qui est rarement mortelle. Elle se transmet à l'homme par piqûres de moustiques infectés. Les symptômes sont une forte fièvre, des maux de tête, et des douleurs aux articulations, qui peuvent durer plusieurs semaines.
DIFFÉRENT DE CELUI DE LA RÉUNION
Deux premières infections par le virus de chikungunya sur l'île de Saint-Martin ont été détectées en décembre par le Centre national de référence des arbovirus (IRBA) de Marseille. Puis deux autres cas ont été recensés en Martinique, un cas « importé » en Guyane, et d'autres sont en attente de confirmation en Guadeloupe et à Saint-Barthélemy. « C'est la première fois que ce virus est détecté dans les Amériques et sa diffusion est suivie avec beaucoup d'attention » , précise un communiqué commun de l'Université d'Aix-Marseille et l'Institut de recherche pour le développement (IRD).
Le séquençage « très rapide » du génome du virus, obtenu à partir d'échantillons cliniques, a permis de déterminer qu'il s'agissait d'une « souche de génotype asiatique » . Il s'agit donc d'une souche « différente de celle qui a provoqué l'épidémie de 2006 à l'île de la Réunion et qui s'est ensuite diffusée dans l'ensemble de l'Océan Indien » .
Le Pr de Lamballerie souligne qu'on connaît nettement moins bien la souche asiatique par rapport aux souches de l'Océan Indien. « Nous disposons de beaucoup moins d'informations cliniques et épidémiologiques concernant le génotype asiatique, et nous pourrions donc avoir quelques bonnes ou désagréables surprises. Nous ne connaissons pas la capacité de réplication et de transmission de cette souche » par le moustique tigre (Aedes albopictus) qui est « le vecteur potentiel » de ce virus pour l'Europe du sud. « Il faudra donc l'évaluer de manière urgente » .

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