Arrêt de la Gabrielle : le ponton d’Albina prend l’eau
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Arrêt de la Gabrielle : le ponton d’Albina prend l’eau

Eric GERNEZ
Le ponton d'Albina montre une gîte inquiétante
Le ponton d'Albina montre une gîte inquiétante • EG

Cette interruption marque la suspension des transports commerciaux par le ferry. Au-delà du regrettable fait divers, la question de la coopération se pose, ainsi que celle d’éventuels conflits d’intérêts dans la gestion d’efforts qui semblent à sens unique.

France-Guyane l’annonçait déjà jeudi, les rotations de la Gabrielle sont interrompues sin dié en raison d’un mauvais état du ponton d’accueil du ferry du coté Suriname à Albina.

Chronologie des faits

On trouve, à l’origine du ponton, l’arrivée prévue du nouveau ferry ‘’Malani’’. Sa construction voulait donner un espace d’arrivée praticable par toutes conditions de marées au potentiel de trafic en adéquation avec les capacités du Malani. On se rend compte, à présent, que ce ponton a été mal construit, gaspillant les fonds alloués à cet effet.

La conclusion rendue, il faudra bâtir une cale en ciment pour le Malani. En attendant cette réalisation, la direction du Port de Paramaribo, représentée par Léo Brunswijk, avait assuré que le ferry ‘’La Gabrielle’’ pourrait continuer ses rotations en utilisant le ponton dont elle s’engageait à assurer la maintenance. Il n’en fût rien. D’abord le ferry dû adapter ses rotations aux marées en raison d’un ponton mal soutenu par des pieux chancelants. Depuis quelques mois, on voyait le ponton prendre de la gîte. Comme le montre la photo d’illustration, cette gîte est maintenant trop prononcée, même à vide. Il n’est donc plus possible d’y faire monter des camions. Au moins un caisson prend l’eau. Cette situation résulte clairement d’un manquement aux engagements de maintenance du dispositif.
Il est maintenant annoncé la venue de plongeurs et d’une grue, afin de réparer les caissons. Espérons !

 

 

Arrêts des rotations


A l’annonce de l’arrêt des rotations, des entrepreneurs de Paramaribo se sont manifesté, annonçant des préjudices financiers relatifs aux marchandises qui devaient être livrées en Guyane. Il semble que, depuis, ils aient trouvés des solutions alternatives… Le secteur de l’élevage guyanais est également une victime potentielle de cet arrêt avec sa dépendance à des fournitures entrant dans la composition des aliments du bétail. La nourriture des animaux d’élevage dépendra t’elle aussi de solutions alternatives ?
Cette situation est ubuesque, quand elle a pour décor de fond l’image d’un ferry flambant neuf qui rouille au mouillage.

A l’heure où l’utilisation des fonds européens par la Région est sous la loupe, les déboires du Malani et l’histoire sans fin de son espace d’arrivée à Albina, pèsent sur le dossier. Les efforts consentis par l’Europe sous l’impulsion de la France au titre de la coopération France-Suriname apparaissent de plus en plus à sens unique. Les motivations sont elles les mêmes sur ces dossiers à Paramaribo et à Albina ? Les enjeux économiques du transport des marchandises et des personnes sur le fleuve éveillent-ils des conflits d’intérêts financiers et politiques ? Il est intéressant d’observer que du transport marchand au ravitaillement de l’orpaillage illégal, le nœud gordien semble être le système de pouvoir des piroguiers du Maroni.


Le 23 juin, il est prévu d’inaugurer le début des travaux de la cale côté Albina, destiné à l’accueil du Malani. Ce sera l’occasion de faire le point dans un plus large dossier pour France-Guyane.

 

 

Le Malani doit remplacer la Gabrielle début 2023. • DR

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