Artemise, fanm majò
Soutenez la presse écrite et France-Guyane : >ABONNEZ-VOUS !
UN NOM, UNE HISTOIRE

Artemise, fanm majò

France-Guyane

La Guyane a très tôt connu ces femmes remarquables par leur caractère, leur beauté, leurs exploits, leur influence réelle ou supposée tant sur la mode que la politique. Certains les ont chantées. Louis Chadourne, lors de son passage en 1919 avec Galmot, eut le plaisir d’en rencontrer une ; plaisir qu’il nous fait partager :

« Sa maison, sous les feuillages, domine la ville par- dessus les palmiers et les manguiers. Il y a devant sa fenêtre un bel arbre qui s’appelle un mombin, aux branches pareilles à des muscles de lutteur ; un petit jardin avec quelques bananiers ; et le vent du large entre à grandes bouffées dans sa chambre, à l’heure où les gens de la ville étouffent sous leurs moustiquaires. »

« Artémise est vêtue d’une cretonne à fleurs et porte un panama. Petite tête ronde, au teint marron clair. Des yeux pas grands, très noirs et très vifs ; un nez écrasé, des cheveux en mousse rase et des anneaux d’or aux oreilles. C’est une personne distinguée qui parle français et anglais. Elle vit à l’écart, mais compte beaucoup d’amis parmi les hommes « bien » de la colonie. Tous les Européens de marque ont fréquenté sa maison, et l’on parle encore de ses déjeuners du dimanche. »

« Elle a eu, paraît-il, plusieurs grandes amours, que le départ d’un paquebot