Alepto, piaye Roucouyenne
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UN NOM, UNE HISTOIRE

Alepto, piaye Roucouyenne

France-Guyane

De nos jours, ils sont Wayanas. Quand le Dr Tripot les visita en 1907, ils n’étaient connus que sous ce nom : Roucouyennes. Le docteur rencontra, au cours de son périple, les populations noires, les orpailleurs et les Indiens. À vrai dire, il ne s’intéressa que médiocrement aux deux premiers pour se concentrer sur les troisièmes.

En remontant l’Itany, il s’arrête au village du tamouchi (chef) Calamou. Il y fait la connaissance du piaye Alepto. Il raconte : « La journée se passa sans incident, mais pas la nuit. »

 
Vers le soir arriva une famille avec un jeune enfant malade. Ces gens venaient de loin. L’enfant, la nuit précédente, avait pris froid. Il était abattu, avait une toux rauque. Dès que son hamac fut installé, la mère y déposa son nourrisson, puis commença une incantation très douce, très triste, très mélancolique entrecoupée de sanglots. [...]

« Vers minuit, je fus réveillé par cette mère affligée qui, de nouveau, reprenait son chant plus douloureux encore. Qu’y avait-il ? Calamou, qui passait, ayant à la main une torche, me dit : « Pitani apsic natati » (son enfant est presque mort). Impérieuse, une voix d’homme s’éleva alors dans l’ombre : cette voix, forte comme une tempête, rapide comme un vent d’ouragan, exprimait la fureur, le reproche et le commandement. C’était