Les 25 ans de la loi Taubira : Quand, depuis les profondeurs... nous prenons le large
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Les 25 ans de la loi Taubira : Quand, depuis les profondeurs... nous prenons le large

LA RÉDACTION
La ministre de la Justice française, Christiane Taubira, s'adresse aux députés lors d'une séance à l'Assemblée nationale en 2015. La loi Taubira a été votée en 2001. Elle reconnaît la traite transatlantique et l'esclavage comme crimes contre l'humanité.
La ministre de la Justice française, Christiane Taubira, s'adresse aux députés lors d'une séance à l'Assemblée nationale en 2015. La loi Taubira a été votée en 2001. Elle reconnaît la traite transatlantique et l'esclavage comme crimes contre l'humanité. • AFP

Commémorer, c'est aussi reconnaître que cette histoire se transmet par des voies multiples

Christiane Taubira, qui avait porté à l'Assemblée nationale la loi du 21 mai 2001, signe la direction artistique d'une création scénique pour les vingt-cinq ans de ce texte, le samedi 14 novembre à 20 heures, au Zéphyr de Cayenne. Alors que cet anniversaire est marqué par des événements en France et au-delà, celle qui a fait reconnaître la traite et l'esclavage comme crime contre l'humanité insuffle en Guyane un événement artistique original, en dehors des temps de commémoration officielle.

Une dramaturgie en mouvements

Une loi de mémoire n'est pas un mausolée. Son article 2 contient un engagement : enseigner, chercher, transmettre (lire l'encadré). Commémorer, c'est aussi reconnaître que cette histoire se transmet par des voies multiples, dont les expressions artistiques qui s'en saisissent à bras-le-corps. « De la cale, de l'océan, de la nuit d'une histoire longtemps tue, ont surgi des langues, des chants, des tambours, des gestes et une poésie insoumise ». Léon-Gontran Damas l'a tonné ; Élie Stephenson et Eugénie Rézaire l'ont écrit. La Guyane, terre de mémoires mêlées, en est la preuve vivante. 

Pièce polyphonique, le spectacle suit un fil dramaturgique qui relie la loi, sa portée et ses enjeux, à la géographie de la traite, aux lieux de marronnage de Guyane, puis à l'histoire, aux résistances et à ce que nous avons fait de nous-mêmes. Témoignages, poésie déclamée, chant, rythmes traditionnels, danse, archives et peintures projetées s'y articulent et s'entremêlent, portés par les langues du pays. Des textes inédits de Christiane Taubira en ponctuent le fil.

Une direction artistique plurielle

Pour donner vie à cette création, l'ancienne députée s'est entourée d'une direction artistique déléguée issue des multiples horizons de la Guyane et unie par les mémoires de ce territoire et un même attachement à celui-ci. Elle réunit l'autrice et interprète Emmelyne Octavie, la danseuse et chorégraphe Gladys Demba, l'artiste pluridisciplinaire kali'na Keywa Henri, diplômée des Beaux-Arts de Lyon, la comédienne d'Apatou Gwyneth Baya, diplômée de l'École supérieure de théâtre de l'Union, et la curatrice Djamila Delannon. Ensemble, elles ont tissé de concert la trame de la soirée, croisant mise en scène, chorégraphie, arts visuels à la mise en espace des œuvres. 

Plus d'une trentaine d'artistes de Guyane sont là : Lexios, Clara Nugent, Denis Lapassion, Cannelle, ProfA, Djokan, Michaelle Ngo Yamb, T2i, Yann Bourgeois, Amazon Tambou, Arianne, Appolinaire, Jahnyk, la poétesse Yuwei Henri ou encore les danseuses Shaona Legrand et Océane Jadfard. D'autres surprises attendent le public. 

Vu dans nos archives : quand Jacques Chirac fixait le 10 mai pour commémorer l'esclavage.
Vu dans nos archives : quand Jacques Chirac fixait le 10 mai pour commémorer l'esclavage. • Archives

Une soirée unique entre performances et mémoires

La soirée s'ouvre dès 17h sur le parvis avec un village mémoriel imaginé avec la jeunesse, sous la coordination de Maryse Prévot et de l'association Pépit. Les portes de la salle ouvrent à 19h15, et les articles de la loi y seront exposés à l'entrée. L'entrée est gratuite, sur réservation via Bizouk est conseillée, pour 1 220 places.

AVIS DE RECHERCHE... amical

Vous étiez dans les gradins de l'Assemblée nationale le 19 février 1999 ?

Lors du premier débat sur la loi reconnaissant la traite et l'esclavage comme crimes contre l'humanité, Christiane Taubira, alors députée de Guyane, avait invité neuf jeunes Guyanaises et Guyanais à former une " Chaîne de fraternité ". Porteuses et porteurs de nos cultures, elles et ils ont assisté aux débats depuis l'Hémicycle, et les députés les ont applaudis. La loi Taubira sera promulguée le 21 mai 2001.

Vingt-cinq ans plus tard, quatre d'entre elles et eux ont été retrouvés. Les autres sont invités à se manifester dès que possible, pour partager leurs souvenirs.

Répondez par message écrit ou oral au 0694 28 08 05

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