Novembre 1996 : Henri Griffit se souvient
Les mouvements de novembre 96 auront marqué la mémoire des Guyanais et également des journalistes qui les ont couvert sans relâche. Henri Griffit se souvient
« Les mouvements de Novembre 96 ont été les plus importants que j'ai connu de mon vivant, » affirme Henri Griffit, photographe historique de France-Guyane. Il était présent dès le premier numéro en 1976.
« C'était très tendu dans les rues. Le premier jour, la police avait débarqué à France-Guyane car ils pensaient que j'étais complice des émeutiers. Ils ne comprenaient pas comment j'avais pu prendre certaines photos, » sourit le photographe.
« J'allais me réfugier chez les gens »
« Mais j'étais connu de tous à Cayenne. Les gens me laissaient faire mon travail. Quand les gardes mobiles envoyaient des gaz lacrymogènes, j'allais me réfugier chez les gens, » s'enthousiasme-t-il. « France-Guyane était situé à l'avenue de Gaulle à l'époque. On était au cœur de l'action. Ça a duré deux bonnes semaines. La journée c'était calme, et le soir les bandes sortaient. Il y a eu le pillage de Bata, avec un homme qui a brûlé à l'intérieur, apparemment un SDF... C'était la panique, » confie-t-il.
« Puis un jour, le ministre Bayrou a débarqué en douce et il a signé. Il nous a donné notre rectorat et puis il est reparti. C'est la première fois que je voyais les jeunes Guyanais se réveiller. On a vu de vrais leaders émerger comme Aline Charles ou Keita Stephenson. Et tout le monde était d'accord avec eux. Si la Guyane avait continué comme ça, on serait loin devant. Aujourd'hui, certains habitants de Guyane ne semblent pas concernés par l'avenir du pays..., » déplore Henri Griffit.

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