Le Suriname face à la maladie du manioc
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Le Suriname face à la maladie du manioc

Eric GERNEZ

La propagation de la maladie représente une menace de carence alimentaire dans les villages de l’intérieur

Venue par l’Est, pense-t-on, une maladie appelée le « balai de sorcière » dévaste les cultures de manioc en Guyane depuis fin 2022. Elle entraîne des pertes de 30 à 100 % des récoltes. Continuant sa progression, elle affecte maintenant les cultures de l’Est du Suriname, sur le bassin du Maroni, et poursuit sa conquête de l’Ouest.

Le bassin du Maroni affecté

Au Suriname, un agriculteur du district de Maroni aurait perdu près de trois hectares de plantation de manioc après avoir remarqué des symptômes de la maladie. Les autorités phytosanitaires mènent leurs investigations. La maladie, identifiée au Suriname comme la mosaïque du manioc, se propage rapidement via des boutures infectées et des insectes tels que la mouche blanche. La maladie provoque une décoloration sévère des feuilles, un arrêt de croissance et une réduction drastique du rendement.

Atteinte alimentaire et économique

« Le Suriname est au bord d’une catastrophe humanitaire. Sans une approche nationale immédiate, la production de manioc risque de s’effondrer complètement, et avec elle, l’aliment de base de milliers de familles de l’intérieur. » C’est ainsi que s’exprime Rakesh Jhagroe, président du Bureau scientifique de l’Assemblée nationale. Il poursuit en disant que, là où il y avait autrefois des champs sains, il y a maintenant des parcelles stériles sans récolte. En ville, le manioc est aussi le pivot d’une production artisanale de subsistance, avec les chips et les gâteaux « bojos ». Ce n’est pas un petit problème agricole, mais une crise nationale qui menace la base même de l’existence quotidienne, affirme-t-il.

En pratique, il y a appel à une action rapide basée sur l’information des populations isolées. Le message est clair : il doit insister sur la destruction immédiate des parcelles contaminées et l’arrêt des importations de boutures. Au niveau scientifique, une demande vise à coordonner la coopération avec le Brésil et la Guyane pour mettre au point des souches résistantes et organiser leur diffusion.

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