Le Suriname au cœur du bras de fer Chine–États-Unis
La Chine a eu des propos aigre-doux à l’égard des américains, félicitant la nomination de Jennifer Simons comme Présidente du Suriname. La République Communiste de Chine s’oppose aux déclarations du département d’État US.
Le Suriname voit s’affirmer ses perspectives minières et pétrolières et, avec elle, l’intérêt que lui portent les grandes puissances. Deux lignes politiques s’affrontent : le concept d’influence chinoise de "La Route de la Soie" et l’idée, ravivée par Trump, d’une Amérique du Sud sous influence américaine.
Mardi, au moment de féliciter Jennifer Simons pour sa nomination comme Présidente du Suriname, Marc Rubio, par la voie d’une déclaration du département d’État américain, déclarait : « Nous encourageons une plus grande implication du secteur privé américain et soutenons les efforts du Suriname pour promouvoir la croissance économique, diversifier l’économie et limiter l’influence du PCC. »
Directement visée, la Chine publiait hier un communiqué en réponse : « Une telle rhétorique est un grave manque de respect envers le gouvernement et le peuple surinamais. La Chine s’y oppose fermement », déclarait le porte-parole de l’ambassade de Chine.
Celle-ci qualifiait, en outre, la déclaration US d’ « imprégnés de la pensée de la guerre froide et de préjugés idéologiques » et accusait Washington de vouloir semer la division entre la Chine et le Suriname.
Tout juste nommée, et pas encore consacrée, "Tante Jennie", comme la surnomme affectueusement la population, doit déjà faire face à la dure réalité.
Deux jours avant sa consécration, elle était reçue avec faste et force sympathie à l’ambassade américaine pour célébrer le 4 juillet, anniversaire de l’Indépendance.
L’ambassadeur, Robert Faucher, lui rappelait tout l’intérêt que portent les États-Unis à soutenir le développement du Suriname. En ce sens, il faut rappeler le réel attachement des deux pays, bien avant les découvertes pétrolières.
Des jalons marquent leur histoire commune et le développement du Suriname. La construction de l’aéroport de Zanderij, stratégique pendant le deuxième conflit mondial, et l’épopée de la bauxite, sont de ceux-ci.
La Chine, de son côté, à une communauté implantée bien avant la révolution communiste de 1948. Les Chinois font partie de la société et bien des "Omos" (surnom donné aux épiciers chinois) font crédit, au jour le jour, à la population. Le pays, lui aussi, a une grosse créance à rembourser à la Chine.
Les préoccupations américaines se concentrent sur l’influence chinoise sur des secteurs comme les infrastructures, les télécommunications et les ressources naturelles. Les entreprises américaines ont des intérêts dans le secteur aurifère et l’industrie émergente offshore.
Une chose est sûre, le pays est exsangue, le besoin de trésorerie est criant.
Passée l’euphorie du changement, Simons devra, d’une manière ou l’autre, adoucir le quotidien des Surinamais ou risquer une forte opposition sociale. L’or, la mer, la forêt et le pétrole, pourraient servir de caution à des facilités de caisse.

La radio 100% Caraïbes

- Suivez-nous
-
-
-
-
-
-
S'inscrire aux newsletters