Carburants : la Sara dément toute importation du Suriname
En réaction à notre article du 2 octobre, la SARA précise qu'aucun carburant raffiné au Suriname n'approvisionne les Antilles françaises ou la Guyane, relançant le débat sur les circuits d'approvisionnement régionaux
Ses services de communication apportent des précisions utiles sur des informations que nous avions citées, nous fiant à des extrapolations des données statistiques de Staatsolie.
Les sources Sara sont les plus pertinentes et, en ce sens, elles sont précieuses dans leur précision et nous les en remercions. La société pétrolière indique ainsi : « Il n'y a pas de diesel surinamais exporté vers la Guadeloupe et la Martinique. » Et : « Il n'y a pas de produits raffinés venant du Suriname traités par SARA, ni pour les Antilles françaises, ni pour la Guyane. »
Stricto sensu, c'est exact. La réaction de la Sara pour rétablir des éléments factuels est louable. Elle indique pour autant combien le sujet est sensible. On pourrait ajouter une question subsidiaire : et pourquoi, alors que nous sommes maintenant membres de la Caricom et devons jouer l’intégration ?
La question initiale, telle qu'exposée dans le titre, est celle des mécanismes d’approvisionnement régionaux en hydrocarbures. En ce sens, on sait le sujet délicat, tant sur le plan financier qu’en termes de souveraineté énergétique. L'objet de l'article n'était pas de mettre la société Sara en difficulté.
Il relie et aborde les thèmes stratégiques de l’approvisionnement énergétique de la Guyane, soit avec l’aide de ses voisins, soit par l’accès légitime à l’autonomie de décision concernant ses forages sous-marins (notre édition du 16/10).
On comprend bien que, pour des raisons d'économies de coûts logistiques et industriels, des économies d'échelle industrielles sont à faire. Le sujet posait la question de bon sens portée par la proximité de la raffinerie du Suriname, à quelque 150 km de la Guyane.
On se souvient que l'approvisionnement direct de la Guyane avec des hydrocarbures raffinés par le Suriname avait déjà été évoqué au sein de la CTG. Le bon sens y milite de toute évidence pour l'étude d'une telle hypothèse.
Ainsi le disait le président Serville, lors de notre interview de juin dernier. Il continuait et citait nommément la SARA dans ses propos, à l’évocation du rapport sur l'approvisionnement régional en carburant (voir interview FG du 26/06).
Il précisait qu’il n’y a aucune raison pour que la CTG cache des informations, et d’ajouter : « Dans ce rapport, il y a peut-être des éléments que la SARA n'a pas forcément envie d'entendre ou de voir diffusés. »
Quand on évoquait le sujet des normes de qualité, le président Serville répondait, évoquant les véhicules fonctionnant très bien au Suriname : « Le véritable objectif est de disposer de véhicules fiables, utilisant un carburant compatible avec leur fonctionnement, même si celui-ci ne répond pas exactement aux normes européennes, dès lors qu'il ne compromet ni la sécurité ni la durée de vie des moteurs. »
Dans cette même interview, très visionnaire, il évoquait l’idée que la Guyane devrait se repenser et se fournir, à terme, en carburants auprès de son voisin Suriname. C’était selon lui le sens de l’histoire.
Source : Staatsolie – Our Business

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