Sunshine et Audjyan : la danse dans les veines
Cette semaine, dans le cadre du festival Amazonie, les danseuses Sunshine et Audjyan animent des ateliers de danse, dans le sillage d’une grande famille de musiciens et de danseurs
Chez Sunshine et Audjyan, la danse est une affaire de famille. Sunshine est la fille du chorégraphe J-ssik et la petite cousine d’Audjyan. Leurs cousins Sansand et HYT sont aussi des stars de la musique guyanaise. « On sait pas qui est à l’origine de notre côté artistique dans la famille, mais ça a bien ruisselé », raconte Audjyan.
À 15 ans, Sunshine danse depuis ses deux ans et demi. Classique, jazz, contemporain, rolento martiniquais, claquettes, Horton et danses urbaines composent son parcours, avec une préférence : « Je représente plutôt le dancehall. »
Désormais basée à Paris, elle suit sa scolarité à la maison afin de consacrer davantage de temps à sa formation artistique. Elle peut enchaîner jusqu’à 35 à 45 heures de danse par semaine, auxquelles s’ajoutent le chant et la comédie musicale. À la rentrée, elle souhaite poursuivre sa formation dans les danses urbaines à Paris.
Audjyan a fait de la polyvalence une force professionnelle. Street jazz, hip-hop, danses africaines, salsa, samba ou dancehall nourrissent son vocabulaire. « Je préfère toucher à tout. J’ai pas envie d’être une case », explique-t-elle.
Cette ouverture trouve ses racines en Guyane, où elle a pu découvrir différentes cultures et façons d’apprendre. « C’est une chance d’être guyanaise », estime-t-elle. Pour elle, chaque discipline apprise ici vient enrichir la précédente : « Au fur et à mesure de l’apprentissage des danses, c’est comme si on rajoutait une épaisseur à chaque fois pour faire un grand tronc d’arbre. »
Son parcours l’a menée de la Guyane à Paris, mais aussi en Espagne, au Japon et au Liban. Danseuse, chorégraphe et actrice, elle a participé à la Star Academy, sur les primes puis la tournée, et dansé dans le film The Substance. Elle apparaît aussi dans la série Ça, c’est Paris, sur France 2.
Avant cette carrière professionnelle, Audjyan s’est formée à l'école de danse cayennaise, l’Adaclam, avant d’obtenir son diplôme d’État à Montpellier. « Plus t’es polyvalente, plus on t’appelle. J’aurais jamais eu ma carrière si j’étais restée dans le street jazz », résume-t-elle.
La musique reste le point de départ de leurs créations. Pour Sunshine, lorsqu’un morceau l’inspire, « ça vient tout seul », même si les blocages font partie du processus. Audjyan fonctionne davantage à l’émotion. Lorsque son esprit sature, elle préfère arrêter de réfléchir, s’allonger et « se laisser envahir » par la musique.
Si leurs carrières les ont conduites à Paris, la Guyane reste un point d'ancrage. Elles y reviennent puur transmettre et continuer de nourrir leur danse.
Dernier rendez-vous ce 21 août à 16 heures : Sunshine animera l'atelier de danse amapiano du festival Amazonie, accompagné d'un atelier peinture.

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