" Nos conditions de travail ne doivent plus passer sous silence " : les lycéens mobilisés en Guyane
Pour Léonard, élève en STMG, les difficultés concernent aussi l'état des locaux
Des lycéens de plusieurs établissements de Guyane se mobilisent ce lundi 5 octobre dès 7 heures pour dénoncer leurs conditions d'étude. À Melkior-Garré, Félix-Éboué, Gaston-Monnerville à Kourou ou encore au lycée polyvalent de Maripasoula, les élèves se rassemblent devant leurs établissements et réclament des améliorations.
À Melkior-Garré, les conditions de restauration figurent parmi les principales préoccupations.
" Dès qu'on arrive, on n'a qu'une heure pour manger et la queue pour aller à la cantine est monstrueuse. Ça crée du retard et, quand on arrive en retard en cours, les professeurs nous demandent pourquoi. On a toujours la même excuse : la cantine prend du temps ", témoigne Vanessa.
Des bâtiments et
des salles dégradés
Pour Léonard, élève en STMG, les difficultés concernent aussi l'état des locaux.
" Il y a des salles beaucoup moins qualitatives. Dans certaines, le plafond menace de s'effondrer. Nos salles de sciences n'ont pas de climatisation depuis deux ans. Il n'y a pas d'eau et si il y en a ce n'est pas de l'eau propre."
Selon lui, la situation se dégrade depuis plusieurs années. " Notre professeur de SVT nous dit que le lycée est dans le même état, voire qu'il s'est dégradé au fil des années. Et on le voit : c'est près de la mer, les bâtiments sont en ruine, il y a de la rouille partout. Le préfet parle d'améliorations alors que ça fait des années qu'on nous dit ça. "
À ces problèmes s'ajoutent les difficultés liées à la propreté et aux infiltrations. " Quand il pleut, ça inonde de partout. Il y a des fuites", déplore Raïssa.
Pour elle, le mouvement ne vise pas l'affrontement. " Ce qu'on veut, ce n'est pas se battre. C'est juste se faire entendre. On veut du respect. Ils sont bien heureux de nous dire qu'on a un bac, mais on n'est même pas dans les bonnes conditions pour le préparer. "
Des journées à rallonge
pour les élèves
Pour Maïra, élève qui habite à Roura, les conditions d'études compliquent aussi la pratique sportive. " Je me lève à 4 heures, j'arrive au lycée pour 7 heures. Je finis à 17 heures, j'ai entraînement à 18 heures et je rentre chez moi à 22 ou 23 heures. "
La jeune fille pointe un rythme difficile à concilier avec les exigences scolaires et sportives. " On commence tôt, on finit tard. On n'a pas le temps de faire nos devoirs ni de bien se reposer. Normalement, c'est huit heures de sommeil pour un jeune. Nous, on en a à peine quatre. "
À Melkior-Garré, la mobilisation prend une autre dimension dans la matinée. Une poubelle est brûlée devant le lycée. Les jeunes se regroupent ensuite devant l'entrée administrative de l'établissement. Les forces de l'ordre interviennent sur place avec cinq véhicules d'intervention et dispersent finalement la foule.
" La situation
est déplorable "
À Gaston-Monnerville, à Kourou, Lila dénonce elle aussi l'état de son établissement. " Les toilettes ne peuvent pas être utilisées. Je demande à la Collectivité de se remettre en question sur la situation de ses établissements. Pour qu'on en arrive jusque-là, c'est que la situation est déplorable. "
Les lycéens annoncent vouloir poursuivre leur mobilisation tant qu'une réponse qu'ils jugent adéquate ne leur est pas apportée. Le mouvement doit donc se poursuivre dès mardi 6 octobre et jusqu'à nouvel ordre, selon eux. Les cours ont été annulés pour la journée. Le mouvement s'inscrit dans la continuité des revendications lycéennes qui s'organisent dans l'hexagone.

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