Pirogue du droit : première journée à Apatou
Du 9 au 13 octobre, neuf professionnels du droit se rendent dans les communes du Maroni pour aiguiller les citoyens dans leurs démarches. Reportage avec la pirogue du droit.
Ce lundi, le rendez-vous est donné à 6h du matin, en face du Victor Martin du centre commercial Family Plaza à Matoury. Les paupières sont encore lourdes et le soleil commencent à se lever. Alix Glorianne et Kevin Derond, les deux coordinateurs du Conseil départemental de l'accès au droit (CDAD) répartissent les volontaires entre deux voitures. Direction Saint-Laurent du Maroni pour récupérer sur la route une jeune élève avocate et une membre du Carbet des associations.
Pendant cinq jours, neuf avocats, magistrats et autres juristes vont tenir des permanences dans plusieurs communes isolées du Maroni. Première étape, Apatou. À l'arrivée dans l'ancienne annexe de la mairie, vers 10h, quelques personnes font déjà la queue pour obtenir des conseils juridiques.
C'est le cas de deux jeunes hommes, qui expliquent timidement leurs problèmes pour obtenir la nationalité française, vu que leurs parents sont Surinamais.
" C'est un problème majeur dans notre commune ", explique Merienne Sida, 6e adjoint à la mairie, présente pour l'évènement. " Nous avons beaucoup d'habitants qui n'ont pas été reconnus assez rapidement à la mairie à leur naissance et qui doivent prouver leur nationalité à leur majorité ".
Pour ces jeunes, les juristes exposent la démarche à suivre. Il va falloir demander une pièce d'identité au Suriname, ce qui peut prendre 4 à 5 mois, pour ensuite prouver la présence sur le territoire français à renfort de certificat de scolarité et justificatifs de domicile.
À 13 heures, tout le groupe se déplace dans un bus surchauffé par le soleil de l'ouest pour prendre une pause déjeuner bien méritée. À table, les débats tournent autour de la justice restauratrice, notamment avec la sortie récente d'un film sur le sujet.
Le déjeuner avalé, il est déjà temps de regagner la permanence pour aider les visiteurs de l'après-midi. " Bonjour madame, vous venez pour quel sujet ? " " C'est pour les impôts ", sourit une femme qui franchit la porte.
Avec les problèmes liés à la nationalité française, l'autre enjeu qui fait déplacer les habitants est le foncier. Une femme vient expliquer que l'État a vendu la moitié de son terrain, alors qu'elle dit en être propriétaire.
Peu avant 17h, la salle commence à se vider alors que le soleil décline progressivement sur le fleuve. La permanence dure encore une trentaine de minutes, pour permettre aux derniers participants de venir chercher des réponses à leurs questions.
Puis vient le temps de se reposer pour les membres de la pirogue du droit. Le départ pour Grand-Santi est fixé ce matin à 6h45.

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