Manque de personnel au CHU, les médecins tirent la sonnette d'alarme
Le personnel médical du bloc opératoire de Cayenne a annoncé la suppression des opérations non urgentes, la direction assure que les effectifs permettent la prise en charge des patients.
" Une instabilité chronique." Au centre hospitalier de Cayenne, les médecins et anesthésistes du bloc opératoire s'alarment face à un service en sous-effectif.
Selon la "Lettre Pro" de l'Agence Régionale de Santé, publiée vendredi 22 août, certains médecins et anesthésistes du bloc opératoire du site de Cayenne ont " décidé d'un commun accord la suspension de l'ensemble des interventions chirurgicales électives (chirurgie non urgente, qui peut être retardée ou annulée sans danger pour le patient) à compter du lundi 24 août 2025, et ce pour une durée indéterminée ".
Dans un courrier adressé à la direction, quatorze médecins et plusieurs professionnels paramédicaux selon Guyane La 1ère, dénoncent un manque de personnel. Ils écrivent " faire face à une pénurie d'Ibode (infirmiers de bloc opératoire diplômés d'Etat), d'Iade (infirmiers anesthésistes diplômés d'Etat), de médecins anesthésistes et de chirurgiens ".
La direction ne dément pas ce constat. " Sur un effectif cible de trente Ibode, nous oscillons entre vingt et un et vingt-sept ", précise Colette Ilmany, coordinatrice générale des soins. À cet effectif sous tension s'ajoutent les départs en congés, trois arrêts maladie depuis le début de semaine, ainsi que le départ de cinq infirmiers en formation d'Ibode.
Selon Guyane La 1ère, les plannings actuels restent "marqués par une instabilité chronique, rendant le fonctionnement du service dangereux". Toutefois, selon des propos relayés par l'ARS, les membres de la direction assurent avoir les effectifs médicaux nécessaires : " Les conditions techniques de fonctionnement sont assurées. Il n'y a pas d'annulation des interventions. "
Le centre hopsitalier assure que des mesures ont été prises pour faire face au manque de professionnels comme le renfort d'infirmiers de Kourou et d'un professionnel à la retraite, l'appel aux heures supplémentaires et le renfort de l'équipe militaire à partir du mois de septembre. " Cela permettra aux équipes de souffler et de former les infirmiers de bloc opératoire ", assure Colette Ilmany, la coordinatrice générale des soins.
Le personnel médical tire cependant la sonnette d'alarme et les signataires du courrier annoncent qu'ils n'assureront plus que " les urgences vitales, les interruptions volontaires de grossesse dans le respect des délais légaux, les interventions oncologiques ne pouvant être différées ".
Les professionnels de santé appellent à " une revalorisation et un renforcement immédiat du recrutement médical et paramédical, l'ouverture de postes pour du personnel local motivé, prêt à se former, un dialogue transparent sur les besoins réels du bloc opératoire, son activité et ses moyens humains ".

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