" Les élèves de Guyane méritent mieux " : le constat sévère du SE-Unsa
Le syndicat SE unsa dresse un état des lieux de l'année scolaire 2025-2026. Il met en avant des difficultés structurelles dans les établissements et alerte sur la rentrée à venir
L'école guyanaise " n'a pas les moyens de ses ambitions ". C'est le constat dressé par le SE-Unsa Guyane lors de sa conférence de presse de fin d'année scolaire, mardi 23 juin. Si l'organisation syndicale salue l'arrivée d'un nouveau directeur des ressources humaines et une volonté affichée d'améliorer le dialogue social, elle estime que les difficultés structurelles demeurent nombreuses.
Parmi les principaux sujets d'inquiétude figure la gestion des personnels. Le syndicat dénonce la communication tardive des résultats des mutations et des situations individuelles qui n'auraient pas été correctement prises en compte. " On note une bonne volonté de la part du recteur, mais il n'est pas suffisamment accompagné au niveau du ministère et l'administration n'a pas encore la capacité de répondre pleinement aux enjeux de l'éducation en Guyane ", estime Emmanuel Octavie, secrétaire général du SE-Unsa Guyane.
Des établissements vieillissants et une violence en hausse
Le syndicat pointe aussi l'état préoccupant de nombreux établissements scolaires. Au cours de l'année, plusieurs mouvements sociaux ont dénoncé des problèmes de sécurité, d'électricité ou encore d'entretien dans différents collèges et lycées du territoire, de Cayenne à Saint-Laurent du Maroni. Le SE-Unsa se félicite toutefois de l'engagement "d'un audit externe destiné à dresser un état des lieux du bâti scolaire".
Autre préoccupation : la montée des violences et des incivilités dans les établissements. Selon le syndicat, les besoins augmentent alors que les effectifs de conseillers principaux d'éducation, d'assistants d'éducation, de psychologues ou d'assistants sociaux restent insuffisants. " On accueille davantage d'élèves chaque année, mais les moyens d'encadrement ne suivent pas ", résume Emmanuel Octavie.
Des réponses attendues pour les communes de l'intérieur
L'année a été marquée par le drame de Grand-Santi, qui a rappelé les conditions d'exercice particulièrement difficiles dans les communes de l'intérieur. Accès aux soins limité, difficultés de transport, coupures d'eau ou d'électricité : pour le SE-Unsa, ces réalités nécessitent une réponse collective.
Le syndicat demande ainsi l'organisation "d' Assises de l'École sur les Fleuves ", réunissant État, collectivités, opérateurs de transport, fournisseurs d'énergie et représentants de la communauté éducative. Objectif : construire des solutions durables pour les élèves et les personnels.
À l'approche de la rentrée 2026, le SE-Unsa se dit inquiet face aux contraintes budgétaires et au manque de moyens. Pour l'organisation syndicale, les élèves de Guyane " méritent mieux " et l'éducation doit devenir une priorité renforcée pour le territoire.

La radio 100% Caraïbes

- Suivez-nous
-
-
-
-
-
-
S'inscrire aux newsletters