Le racisme à l'école en Guyane : comprendre, déconstruire, agir
L'école guyanaise est plongée dans une diversité sans équivalent en France : plus de dix langues répondent aux critères de langues régionales, des dizaines d'autres sont parlées à la maison
Le racisme à l'école n'est pas toujours spectaculaire. En Guyane, il s'exprime souvent de manière diffuse, dans les pratiques quotidiennes, dans les mots, dans les silences et dans les habitudes professionnelles. L'anthropologue Isabelle Hidair-Krivsky et la professeure des écoles Fabienne Éliville ont mené, entre 1996 et 2008 plusieurs enquêtes dans les écoles du territoire pour comprendre comment les rapports de domination raciale se rejouent dans les salles de classe et comment on pourrait en sortir.
L'école guyanaise est plongée dans une diversité sans équivalent en France : plus de dix langues répondent aux critères de langues régionales, des dizaines d'autres sont parlées à la maison, issues de l'immigration ou des communautés amérindiennes et bushinengé.
Pourtant, cette richesse linguistique est rarement prise en compte dans les pratiques pédagogiques. Le français reste la norme unique. Beaucoup d'enseignants arrivent avec des images préfabriquées - celle d'un " pays sauvage ", d'un " territoire à construire " - et se heurtent rapidement à une réalité sociale, culturelle et linguistique complexe. Les enseignants guyanais, de leur côté, sont peu nombreux à accepter des postes sur le fleuve.
Une pédagogie peu adaptée au multilinguisme
L'autrice souligne que la majorité des élèves...

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