Un trafiquant de drogue à sa cliente : " Je vais t'emmener dans la forêt pour te violer et te découper en morceaux "
Un Guyanien d'une cinquantaine d'années a comparu devant la cour d'appel de Cayenne, ce 20 mars, après avoir proféré par messages des menaces de mort envers une cliente de son trafic de stupéfiants
À la barre, un quinquagénaire originaire de Georgetown écoute sans broncher le rappel des faits. Avant son incarcération, il vivait à Matoury, en Guyane. Aujourd'hui, il revient devant la cour d'appel pour contester une partie de sa condamnation prononcée en première instance le 1er décembre 2025.
Les faits sont lourds. Ce dernier est jugé pour des menaces de mort avec ordre de remplir une condition ainsi que pour des infractions liées aux stupéfiants. En première instance, il a été condamné à 30 mois d'emprisonnement avec maintien en détention, une interdiction définitive du territoire français, la confiscation des téléphones saisis lors d'une perquisition, ainsi qu'une interdiction d'entrer en contact avec la victime. Il avait été relaxé sur un fait mais reconnu coupable du reste.
" Je vais te fracasser la tête "
Le signalement a été effectué par l'ancien compagnon de la victime, inquiet de la situation. Ce dernier explique que le mis en cause était en fait son dealer. Les intimidations lues à l'audience finissent de planter le décor : " Je vais te fracasser la tête avec mon putain de 38. Tu peux aller voir la police mais tu vas perdre la vie pour rien " écrit-il à la femme. L'homme aurait également menacé de s'en prendre à sa famille : " Si ce n'est pas toi que je prends, ce sera ton fils ou ta fille ".
Dans le dossier, il apparaît que la plaignante et l'accusé se connaissaient bien. Cette dernière a d'ailleurs témoigné avoir déjà eu avec lui des relations sexuelles, parfois consenties, parfois imposées par la violence. Elle évoque une dette de 150 euros réclamée par l'homme, ainsi qu'une proposition de rapport sexuel la veille du signalement qu'elle aurait refusée. A la suite de ce refus, il lui aurait alors répondu : " Je vais t'emmener dans la forêt pour te violer et te découper en morceaux. "
Craignant pour sa sécurité, elle affirme avoir fini par se défendre avec un sabre lorsque l'homme se serait présenté à son domicile. Devant la cour, l'homme atteste être un gros consommateur de stupéfiants et d'alcool, qu'il invoque pour expliquer une partie de ses actes violents. Mais il dément la version racontée et indique l'avoir au contraire vu roder dans son jardin. " Elle était jalouse que je vois d'autres femmes et c'est elle qui était verbalement violente " ajoute-t-il.
Déjà condamné onze fois
Le lendemain des faits, le 28 novembre 2025, le GIGN (Groupe d'intervention de la Gendarmerie nationale) intervient à Matoury à 7h15 et perquisitionne plusieurs domiciles liés au dealer. Sur place, une grande quantité de stupéfiants : crack, cocaïne, héroïne, résine de cannabis, ecstasy. Trois téléphones sont également saisis, contenant des éléments reliant l'homme à l'univers de la drogue et des armes.
À l'audience, son avocate revient sur les conditions des perquisitions, qu'elle estime irrégulières, évoquant plusieurs interventions successives entre 6h05, 7h15 et 10h15 sur différentes résidences. Elle demande une relecture plus stricte des pièces, soulignant que la relaxe partielle initialement sollicitée reposait sur l'annulation d'un élément de procédure.
Mais onze condamnations sur un casier judiciaire, ce n'est pas anodin pour l'avocat général. Il estime la peine initiale " déjà très mesurée " au regard des faits et du passé judiciaire. La cour rendra sa décision le 17 avril.

La radio 100% Caraïbes

- Suivez-nous
-
-
-
-
-
-
S'inscrire aux newsletters