Des menaces pèsent sur la sécurité du transport des élèves sur l'Oyapock
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Des menaces pèsent sur la sécurité du transport des élèves sur l'Oyapock

Oriane REALLE ; o.realle@agmedias.fr
Pirogue sur l'Oyapock au niveau de Saint-Georges. Image d'illustration.
Pirogue sur l'Oyapock au niveau de Saint-Georges. Image d'illustration. • ARCHIVES

Trois collégiennes de Trois-Sauts alertent sur des menaces de viols lors de leurs trajets scolaires

Un signalement pour menaces de viols transmis par une sage-femme de l'hôpital de Saint-Georges concerne trois collégiennes âgées de 11 et 12 ans de Trois-Sauts qui étudient à Saint-Georges. Le procureur de la République a été saisi le 18 mars.

" Faut-il attendre qu'il y ait des suicides pour réagir ? ", interroge Milca Sommer-Simonet. La présidente de l'Organisation des nations autochtones de Guyane (Onag) rappelle les nombreux suicides qui ont frappé et frappent encore la jeunesse autochtone. "Onze ans après le rapport sur ces suicides, où en est-on ?, interpelle-t-elle.

125 enfants pour 5 encadrants

L'Union des travailleurs guyanais (UTG) et la Fédération autonome des parents d'élèves et étudiants de Guyane (Fapeeg) ont tapé du poing sur la table sur les conditions de transport des élèves originaires de Trois-Sauts et scolarisés à Saint-Georges lors d'une conférence de presse lundi 30 mars.

Environ 125 enfants seraient accompagnés par cinq encadrants jusqu'à Saut-Maripa. " Une société se juge à la manière dont elle traite ses enfants", dénonce Bruno Niederkorn, du Steg-UTG.

Le syndicat réclame dix accompagnateurs et deux responsables pour encadrer les trajets. Il propose aussi d'organiser les départs en deux temps afin de limiter les risques. "Faire partir les petits d'abord puis les lycéens."

Des menaces de viols signalées

Les adolescentes qui ont permis le signalement se sont présentées à l'hôpital de Saint-Georges pour demander la pose d'un implant contraceptif, mi-mars. Elles disent craindre une agression sexuelle lors du trajet retour vers Trois-Sauts pendant la nuit passée au camp Mokata à Camopi.

Selon les organisations, certaines étapes du transport se feraient sans l'accompagnement d'un adulte. Les carbets du camp sont ouverts, les élèves redoutent l'intrusion de personnes extérieures.

Les adolescentes racontent avoir dormi serrées les unes contre les autres lors d'une nuit sur place pendant les vacances de décembre, par peur d'une agression. "Elles ont vécu une nuit d'horreur ", déplore le secrétaire général du Steg-UTG.

Le proviseur de la cité scolaire de Saint-Georges a évoqué des cas d'abus sexuels et des fugues lors d'un compte-rendu le 29 janvier.

Ouvrir un collège à Trois-Sauts

L'ouverture d'un collège à Trois-Sauts dès la prochaine rentrée règlerait le problème. " Nous disposons déjà d'un local et une vingtaine d'enfants de 11 ans qui pourrait être scolarisée sur place. Il est donc possible de prendre dès maintenant la décision politique d'ouvrir un collège à Trois-Sauts ", estime Bruno Niederkorn.

Une réflexion est aussi proposée à moyen et long terme sur la création d'un aérodrome.

" Entre Saut-Maripa et Camopi-Trois-Sauts, on ne sait pas comment les enfants sont encadrés, par qui, ni s'ils sont seuls avec les piroguiers : ce sont ces éclaircissements que nous demandons", dénonce Aïssatou Chambaud, présidente de la Fapeeg.

Les institutions répondent 

Dans un communiqué adressé aux médias, la Collectivité territoriale de Guyane affirme "qu'aucun fait grave n'a été rapporté lors des transports organisés ces dernières années".

" Face à ces alertes, la Collectivité a immédiatement pris la situation très au sérieux et applique, pour les vacances de Pâques, un principe de précaution renforcé. Des agents volontaires viendront dès ce mercredi 1er avril renforcer les équipes afin d'intensifier la surveillance sur l'ensemble des trajets ", indique la CTG.

Une mission conjointe avec les services de l'État est programmée début mai à Trois-Sauts afin d'échanger avec les familles sur la scolarité des élèves et les conditions de transport.

Du côté du rectorat, ils affirment travailler en collaboration "pour trouver une solution pérenne".

Les trajets scolaires ne sont pris en charge par la CTG que sur deux périodes, à Noël et à Pâques, tandis que les vacances de la Toussaint, de Carnaval, de juillet et de rentrée scolaire restent non couvertes et à la charge des familles. 

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